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Les Coliques

Rappel: "les coliques" sont à l'origine de 40% de la mortalité chez les chevaux 

Les coliques sont des douleurs abdominales qui peuvent survenir en cas de stress, d'un parasitisme ou dues à une ingestion trop rapide des aliments. Un effort violent pendant la digestion, un brusque changement de régime alimentaire ou un excès de légumineuse peuvent aussi en être la cause. Il existe plusieurs types de coliques. Certaines d'entre elles provoquent des complications pouvant jusqu'à entraîner la mort. Il est bon de ne pas paniquer devant un cheval atteint de coliques et d'agir avec calme et de manière réfléchie. Il est primordial de bien être à l'écoute de son cheval pour décrire tous les symptômes au vétérinaire. Ce dernier pourra vous indiquer les gestes à faire avant qu'il arrive jusque chez vous.

COLIQUES SPASMODIQUES 

Ce type de colique est du aux baisses de températures ou à l'absorption d'une eau trop froide. Les coliques spasmodiques touchent plus particulièrement les chevaux nerveux et fins.  Les principaux symptômes sont : 

- coliques violentes et subites suivies de moments d'accalmie le cheval est inquiet - le cheval se roule
- bruits intestinaux

Il faudra bouchonner le cheval et le couvrir. Il sera nécessaire de le faire marcher et d'éviter qu'il se roule. Le vétérinaire administrera du colifuge. Une fois guéri, afin d'éviter qu'il soit à nouveau victime de coliques spasmodiques, un traitement lui sera prescrit durant une bonne quinzaine de jours.

INDIGESTION STOMACALE

Les indigestions stomacales peuvent être très graves si elles s'accompagnent d'une déchirure d'estomac. Les causes de ce genre de colique sont multiples : aliments absorbés en trop grande quantité ou trop rapidement, aliments mal mastiqués, changements climatiques, effort physique après un repas.

Les principaux symptômes sont :

- coliques au départ légères puis, qui s'intensifient
- muqueuse oculaire rouge
- ventre dur et tendu
- pouls accéléré
- le cheval est inquiet
- le cheval se regarde les flancs
- apparition de nausées

complications possibles:  De graves complications peuvent survenir en cas de vomissements. Dans la majorité des cas, les vomissements signalent une déchirure stomacale. Cette lésion est malheureusement irréparable et entraîne la mort certaine du cheval. Le seul cas de vomissement n'entraînant pas la mort est celui du à la paralysie de l'estomac.

Une autre complication engendrant la mort du cheval est la rupture du diaphragme. Cette déchirure diaphragmatique peut survenir quand le cheval se laisse tomber. Pendant cette action du cheval, l'estomac gonflé inflige une trop grande pression sur le diaphragme qui se rompt.

Les symptômes de complication sont :

-  cheval prenant la position de chien assis
- vomissements
- pouls faible
- sueurs froides
- douleurs abdominales qui s'atténuent

Dans tous les cas, il faut appeler d'urgence le vétérinaire. Le cheval devra être bouchonné et couvert. On pourra le faire boire mais seulement par petites quantités. Il faudra le faire marcher et l'empêcher de se rouler et de se coucher. Il faut garder en mémoire qu'un geste brusque pourrait provoquer une déchirure de son estomac ou de son diaphragme.

 

 

L'indigestion intestinale aïgue

Les causes principales des indigestions intestinales aïgues sont les refroidissements, les fortes chaleurs, une eau ingérée trop rapidement ou trop froide et des aliments verts ou difficiles à mastiquer. Certains chevaux sont prédisposés à cette maladie. Par exemple, les chevaux ayant une mauvaise dentition, des surdents ou ayant une très mauvaise digestion. Egalement, ceux qui sont trop gourmands ou victimes d'un surmenage ou encore ayant des repas irréguliers.

Les symptômes majeurs sont :
- le cheval est inquiet, il se regarde les flancs
- il se roule
- ventre tendu et ballonné
- ralentissement jusqu'à cessation de l'activité intestinale
Les conséquences de ce type d'indigestion peuvent être très graves. En effet, en cas de ballonnement trop importants, le cheval peut mourir d'asphyxie, d'hémorragie ou des suites d'une déchirure intestinale.

Le cheval devra être bouchonné et couvert. Il faudra le faire marcher et éviter qu'il se roule. Dès les premiers signes, appelez d'urgence le vétérinaire. Celui-ci lui fera une piqûre d'extrait post-hypophysaire et des lavements. Pour stopper la digestion, on lui administrera un colifuge digestif sans opiacés. En cas de douleurs trop violentes, une saignée pourra être effectuée. Il y aura une amélioration de l'état du cheval dès l'expulsion des premiers crottins. Lorsque les coliques auront été stoppées, le vétérinaire prescrira au cheval un traitement à base de poudre de noix vomique, de gentiane.

 
COLIQUES
FAITS: Les coliques demeurent la cause no 1 de décès chez les chevaux. Heureusement, bonne nouvelle, pas toutes les coliques sont mortelles; en prennant quelques précautions et en agissant vite on peut diminuer l’incidence et la gravité de celles-ci. En effet beaucoup de coliques vont se résoudre avec un traitement médical de base. Toutefois, chaque cas de colique doit être pris au sérieux car il peut être difficile de faire la différence entre une colique
légère et une colique sévère.

Ce n’est pas une maladie, simplement un symptôme.
COLIQUE = DOULEUR ABDOMINALE = dans le ventre
* LES SIGNES *
2 regarder ses flancs
2 gratter le sol
2 se coucher de façon répétitive ou essayer de le faire
2 se donner des coups de pattes au ventre ou se mordre le ventre
2 se rouler souvent avec ou non des bruits d’inconfort
2 perte d’appétit / pas d’appétit
2 joue dans son eau
2 diminution ou absence de fumier
2 se met en position pour uriner mais ne fait rien
2 sudation inappropriée ou excessive
2 position de chien assis ou couché sur le dos
2 posture tête étirée
2 respiration rapide, narines dilatées
2 absence de bruits digestifs (coller son oreille au flancs)
2 dépression
2 anxieux
Parfois le seul signe est que votre cheval ne semble pas dans son assiette. Vous êtes la personne qui connait le mieux l’attitude normale de votre cheval. Fiez vous à votre jugement si vous pensez que votre cheval n’est pas bien.
Le plus souvent les coliques sont d’origine digestive (estomac, intestin) mais il y a aussi plusieures autres conditions qui peuvent causer une douleur abdominale (……)

On peut classer les coliques d’origine digestive en 3 groupes principaux:
1. Dysfonctions intestinales:
La plus commune. Ce sont des désordres de la motilité intestinale, les intestins ne fonctionnent pas normalement...
Habituellement ces coliques répondent bien aux traitements médicaux simples.
2. Accidents intestinaux: déplacement / torsion d’un segment d’intestin, portion d’intestin qui reste coincé entre 2 organes.
Souvent ces chevaux ont une certaine prédisposition anatomique pour ces déplacements. Ces accidents requièrent presque toujours une chirurgie d’urgence.
3. Inflammation ou ulcères: stress, médicaments, infection, parasitisme…


 EN ATTENDANT LE VETERINAIRE …
IMMÉDIATEMENT:
1. Enlever toute nourriture, laisser un peu d’eau (toute ingestion de nourriture peut empirer un blocage)
2. Marcher votre cheval
(en général si votre cheval est debout ou couché calmement, il n y a pas d’urgence à le marcher. Par contre si votre cheval est agité ou se roule/couche à répétition alors la marche est bénéfique pour le distraire et soulager la douleur). N’épuisez pas votre cheval, laisser lui se reposer entre les marches. Si il est trop dangereux laissez le dans son box!
PRÉPAREZ DES INFORMATIONS POUR LE VETERINAIRE:

  •  Température
  • Couleur des gencives (rose-pâle-blanc-rouge brique-violacé-jaunâtre en ordre croissant de
  • sévérité) indique si le cheval est en choc, déshydraté ou toxique.
    • Pouls (la fréquence cardiaque est un bon indicateur du niveau de douleur et la sévérité de la colique) >60 battement / min = sérieux
    • quantité / apparence du fumier (garder un tas pour le vétérinaire)
    • dossier médical (vermifuges, antécédents…)
    • Penser si il y a eu un changement de régie dernièrement (foin/grain/paturâge, exercice, environnement…)
    • Penser à référer votre cheval dans un hôpital vétérinaire et préparer le mode de transport. Les coliques difficiles ont un meilleur taux de survie lorsqu’elles sont traitées rapidement!


EXAMEN PHYSIQUE – VALEURS DE REFERENCE
Temperature 37-38.5 C (99-101 F) Poulain 37.5-39 C (99-101.5F)
Pouls 28-48 battements / min
Poulain 60-120
Respirations 10-20 / min Poulain 30-40
Gencives Roses et humides
Reprend une couleur rose en moins de 2 sec lorsque comprimés
Roses et humides
Reprend une couleur rose en moins de 2 sec lorsque comprimés
Fumier 10-12 tas par jour
Eau 20-40 L cheval 1000lbs par jour
NE PAS …
… donner de médicament à votre cheval sans en parler à votre vétérinaire avant (certains antidouleurs comme la banamine peuvent camoufler les signes d’une colique sérieuse)
… donner d’huile minérale avec un tube nasogastrique (si mal fait, l’huile peut se retrouver dans les poumons et causer une pneumonie fatale)
… attendre trop longtemps en pensant que ça va se passer…
… trop marcher votre cheval, il ne faut pas l’épuiser!
… faire d’examen rectal à votre cheval (vous risquez de causer une lacération rectale)
 RÉDUIRE LES FACTEURS DE RISQUE
 Maintenir une régie alimentaire stable et introduire les changements alimentaires graduellement.
 Nourrir votre cheval souvent (foin de qualité à volonté, grain par petits repas fréquents)
 Ne pas donner trop de grain par rapport à son activité (en théorie seuls les chevaux qui font une activité physique intense et les chevaux difficiles d’entretien devraient recevoir beaucoup de grain). Le grain ne devrait pas dépasser 40% de la ration. Le grain contient beaucoup d’amidon, difficile à digérer par les chevaux, et lorsque ça s’accumule dans les intestins, a le potentiel de créer des problèmes. Le système digestif du cheval est principalement adapté pour l’ingestion du foin et de l’herbe.
 Maintenir une routine.
 Encourager la consommation d’eau (accès illimitée à de l’eau propre tiède en hiver et fraiche l’été). Un cheval devrait boire 20-30 L d’eau par jour.
 Favoriser un exercice régulier aide la motilité digestive (sorties journalières si possible). Éviter un exercice intense suivi de longues périodes de repos (au box).
 Suivre un protocole de vermifuge régulier
 Vérifier les dents de votre cheval régulièrement
 Réduire l’ingestion de sable (éviter de nourrir le foin sur le sol surtout dans les régions sablonneuses)
 Réduire le stress. Administrer des médicaments anti-ulcères en prévention si votre cheval est à risque (compétitions, voyages…).
 Considérer l’ajout de pré et probiotiques à l’alimentation de votre cheval surtout s’il a des antécédents de colique.