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L'Ostéite

Qu'est-ce-que l'ostéite ? L'ostéite est une inflammation osseuse qui touche une partie du squelette. Chez le cheval, on la rencontre principalement dans les pieds, notamment les antérieurs. Elle provoque une boiterie dont l'intensité varie selon l'importance de l'inflammation. A l'arrêt, le cheval pointe le pied douloureux vers l'avant pour le soulager. Cette boiterie est souvent intermittente : elle se caractérise par des crises entrecoupées de périodes de rémission. Le pied souffrant peut aussi être plus chaud et sensible que les autres. Le diagnostic précis se fait à l'aide d'une radiographie du pied : on y voit nettement une déminéralisation osseuse.

A quoi est-elle due ? L'ostéite a plusieurs causes. La plus courante est l'évolution répétée sur un terrain dur et éprouvant. Les pieds du cheval souffrent et n'arrivent plus à amortir les chocs des battues : c'est l'échauffement et l'inflammation. Chez le jeune cheval, elle est aussi due à un travail irrégulier et trop précoce, mal adapté à son jeune âge. Mais l'ostéite peut aussi être la complication d'une infection du pied. Elle peut pour finir être provoquée par un déséquilibre entre le travail et l'alimentation, ou un déséquilibre alimentaire : un manque de calcium et une insuffisance d'apport en vitamine D entraînent une fragilisation du squelette. Les chevaux aux os délicats sont prédisposés à l'ostéite, tout comme ceux dont la sole est fine et ceux dont les sabots poussent mal.

Comment la soigner ? Le propriétaire va devoir prendre son mal en patience. Les boiteries sont toujours longues à guérir et l'ostéite ne fait pas exception à la règle. Le cheval doit être mis au repos jusqu'à la guérison complète.

Mais cela ne suffit pas, il faut aussi éliminer la cause de la boiterie. L'inflammation est combattue à l'aide d'anti-inflammatoires ou d'antibiotiques prescris par le vétérinaire. La ferrure du cheval doit être changé : le maréchal-ferrant installe une ferrure amortissante composée de plaques à installer sous les fers. Une cure de vitamines et l'apport de compléments alimentaires doivent être envisagés. Dans les cas les plus extrêmes, une opération est possible.
Par la suite, le cavalier devra toujours prêter attention aux terrains sur lesquels il fait évoluer son cheval, en réservant le trot et le galop aux sols les plus souples. En raison de la violence du choc encaissé à la réception, le saut d'obstacle devra être pratiqué avec parcimonie, voire totalement arrêté. Le cheval atteint d'ostéite reste fragile toute sa vie et est sujet à des rechutes. La plus grande attention devra donc toujours être apportée à ses pieds.

Rappelons que pour savoir de quel pied boite un cheval, il suffit de l'observer lorsqu'il se déplace (en prenant soin de lui laisser l'entière liberté du balancier de son encolure). On note en effet une dissymétrie dans ses allures, notamment au trot. La douleur lui fait raccourcir le temps de pose du pied souffrant et le force à se soulager en reportant le poids de son corps du côté du pied sain. On dit qu'il " tombe " sur son membre sain. Si, par exemple, le cheval souffre de l'antérieur droit, il va dévier son encolure vers la gauche pour y déplacer le poids de son corps et, lorsqu'il pose le pied droit, va lever de manière très visible son encolure pour reporter la force de l'appui vers son arrière-main. Les boiteries des postérieurs sont beaucoup plus difficiles à localiser que celles des antérieurs.

 

 

Les tendinites

Les tendinites sont la hantise de tout propriétaire. Leurs causes sont tellement diverses qu'il est bien difficile de toutes les répertorier. Selon la gravité de certaines, elles peuvent même compromettre la carrière d'un cheval.

Qu'est-ce-qu'une tendinite ? Comme l'indique son nom, la tendinite se situe au niveau des tendons du cheval. Les tendons ont une structure fibreuse (blanchâtre) à laquelle est relié un muscle provoquant le mouvement des articulations. Les tendons

sont rattachés à l'extrémité de l'os. C'est une partie de l'anatomie du cheval qui est extrêmement sollicitée. Il arrive parfois, qu'une partie ou totalité des fibres composant le tendon se rompt, c'est ce que l'on appelle alors la tendinite qui selon le degré de rupture sera plus ou moins grave. La tendinite peut également être dite chronique, c'est lorsque par exemple, elle se poursuit dans le temps.
Elle sera dite également de claquage lors d'une rupture du tendon.

Comment la repérer ? Il n'est pas toujours aisé de repérer une tendinite au premier coup d'oeil. Ce n'est pas parce que votre cheval boîte, que son membre est chaud ou demeure d'une sensibilité particulière, qu'il s'agit forcément d'une tendinite. Par exemple, le cheval atteint de ce mal ne boitille pas toujours, si il est endurant à la douleur ou si les lésions du tendon sont infimes. Cependant, la tendinite se décèle facilement par un examen quotidien des membres. Il est vrai que la plupart du temps le membre est chaud, gonflé et fait boiter votre cheval. Mais il est important de compléter votre diagnostic par une personne compétente (moniteur, propriétaire,) ou soit par un vétérinaire afin que celui-ci puisse établir au moyen, notamment d'une échographie, l'état de gravité de la tendinite et de sa localisation précise.

A quoi est-elle due ? Les causes d'une tendinite ne sont pas dues essentiellement à une surcharge de travail. Elles trouvent ses origines notamment dans :
. une mauvaise ferrure : celle-ci va solliciter davantage les membres du cheval. La ferrure, c'est comme une chaussure. Imaginez-vous courir un 10 km en petits talons.
. un mauvais aplomb : si l'aplomb de votre cheval n'est pas corrigé, il fragilisera ses tendons, parce que soumis à rude épreuve.
. un mauvais usage des allures : galoper sur du bitume, trotter sur un sol caillouteux,... vont fatiguer rapidement les tendons, car les membres sont les premiers amortisseurs chez le cheval.
. une glissade : en marchant sur un terrain glissant, l'équidé peut se rompre ou se déchirer les tendons en se rattrapant parce que ses membres ne lui offrent pas la souplesse nécessaire pour encaisser le traumatisme.
. un coup ou un choc : le cheval peut de lui-même se donner un coup et rompre ainsi ses fibres tendineuses. Par exemple, il peut toucher un antérieur par un postérieur. L'équidé peut également se prendre le membre dans la longe (ou prise de longe) et se sectionner plus ou moins gravement les tendons, ...

Comment la soigner ou l'éviter ? Hélas, comme pour l'être humain un tendon ne cicatrisera jamais dans son intégralité, il restera toujours fragile. C'est pour cela, qu'il vous faudra, sans cesse apporter une attention particulière à votre cheval. Malheureusement également, il n'existe pas encore de remède miracle pour ce genre d'atteinte. Il n'est pas non plus possible aujourd'hui et d'un point de vue médical de greffer (remplacer) un muscle remplaçant le tendon comme on peut le faire chez l'homme. L'immobilisation serait beaucoup trop longue et la rééducation demande énormément de patience, de précision et une très très lente progression.
Néanmoins, il existe des précautions et des soins qui permettent d'éviter la survenue d'une tendinite ou de la résorber :
. Les précautions : pensez à travailler régulièrement votre cheval, afin qu'il puisse acquérir une condition physique apte aux efforts que vous lui demanderez. S'adapter aux sols afin de ne pas épuiser les membres pour un rien. Vérifiez quotidiennement l'état des membres. Douchez les membres après un travail important surtout si il est déjà sensible. Vous pouvez également poser des bandes de travail ou repos afin de prévenir les tendinites ou si ses membres sont déjà fragilisés,...
. Les premiers soins : si vous êtes à cheval, la première chose à faire est de mettre pied à terre afin de soulager en partie la douleur de votre cheval. Examinez ensuite le membre boiteux pour savoir s’il est doté d'une sensibilité particulière ou si il dégage une chaleur anormale. Il vous faudra donc revenir au pas. Une fois arrivé à destination, vous devez doucher longuement le membre atteint de votre équidé, puis le laisser au repos. Vous pouvez appliquer sur les tendons de l'antiphlogistine ou de la poudre armoricaine et lui mettre des bandes de repos. Si le mal persiste ou si vous n'êtes pas expert en la matière, vous devez appeler votre vétérinaire qui vous renseignera sur l'état de gravité ou non de la blessure et il vous fournira alors un traitement adapté.
. Quelques remèdes : il n'y a pas de miracle, la meilleure solution reste le repos le plus total (de quelques semaines à plusieurs mois) avec une reprise très progressive du travail. En général, les résultats sont satisfaisants. Le repos peut être complété par d'autres méthodes qui peuvent accélérer la cicatrisation du tendon. Vous pouvez par exemple, adapter une ferrure à votre cheval afin de soulager en partie ses tendons. Les "feux" : c'est une technique douloureuse, dont l'efficacité n'est pas totalement prouvée. Le fait de provoquer, une inflammation des tendons d'une manière volontaire, aiderait le cheval à cicatriser plus rapidement grâce à une augmentation de la circulation sanguine. Mais, les spécialistes ont du mal à savoir, si c'est le repos ou cette méthode qui favorise une récupération plus rapide des tendons.

Entorse

L’entorse peut être définie par “une contrainte anormale sur une articulation et entraînant une souffrance ligamentaire”.

Ceci signifie donc que les ligaments ont subi des contraintes anormales et font alors souffrir le cheval. S’il n’y a eu qu’un léger étirement des fibres ligamentaires, on parle alors d’entorse légère. Si quelques fibres du ligament ont été rompues, on parle alors d’entorse modérée. Enfin si la rupture concerne toutes les fibres, il s’agit d’une entorse grave.

L’entorse peut aussi s’accompagner d’une fracture si le ligament arraché entraine avec lui une partie de l’os. On parle alors d’entorse avec fracture, le cas le plus grave.

L’entorse touche principalement l’articulation du boulet, mais peut aussi toucher les phalanges, le carpe et le tarse. Au moment de l’entorse, le cheval retirera violemment son membre et ne s’y appuiera pas. En cas d’entorse légère, le cheval se remettra rapidement à marcher normalement, sans boiterie.

Dans les cas les plus bénins, un peu de repos suffira, mais dans les cas les plus graves une intervention chirurgicale ou un plâtre peuvent être nécessaires.

 

Les affections articulaires : les affections traumatiques

Tous les chevaux, et plus particulièrement les chevaux de sport, dont on exige des efforts intenses et répétés, soumettent leur structure ostéo-articulaire à des contraintes importantes. Les articulations subissent de nombreux chocs et mouvements forcés. Les affections articulaires traumatiques (fractures, entorses) font l’objet de la deuxième fiche pratique sur les pathologies articulaires.

L’articulation, une structure complexe très vulnérable
Anatomiquement, les articulations sont des structures complexes (cf. schéma), constituées par :

Au moins deux os dont les surfaces articulaires sont recouvertes d’une fine couche de cartilage. Ce cartilage doit être à la fois rigide et déformable, pour assurer une répartition équilibrée des forces qui s’exercent sur l’articulation.
La capsule fibreuse articulaire, tapissée à l’intérieur par la membrane synoviale qui sécrète la synovie ou liquide synovial dont le rôle est de lubrifier l’articulation.
La capsule, parcourue de structures fibreuses de collagène inextensible, les ligaments, qui peuvent être intra- ou extra-articulaires.

 

Les affections traumatiques articulaires : fracture ou entorse
Pour se tenir debout et se déplacer, le cheval développe au niveau des articulations deux systèmes de forces opposés : les forces de compression (rapprochement des pièces osseuses) transitent par les cartilages articulaires et la synovie, et les forces de traction (éloignement des pièces osseuses) sont transmises par les ligaments.

Une compression excessive peut entraîner une dislocation (fracture) des cartilages et/ou de l’os sous-jacent. Ce type d’accident s’observe fréquemment au niveau du boulet. Des fragments de cartilages ou d’os (ostéophytes* ou fragment osseux de l’articulation) peuvent alors être libérés dans l’articulation, on les appelle des « souris articulaires ».
Les boiteries causées par les souris articulaires apparaissent et disparaissent brusquement : le cheval est normal jusqu’au moment où la souris se coince entre les cartilages articulaires, provoquant une boiterie aiguë qui disparaît aussi subitement qu’elle est apparue.

Si, à la suite de mouvements excédant les limites physiologiques de l’articulation (en hyper flexion, hyper extension et/ou en hyper-rotation), les ligaments sont surchargés, ils peuvent s’étirer, voire se rompre, totalement ou partiellement, provoquant une entorse. Les boulets sont particulièrement exposés à ce genre d’accident, qui survient généralement de manière aiguë lors d’un exercice intense aux allures vives. Les articulations inter-phalangiennes et sésamoïde-phalangiennes du pied peuvent également subir des entorses qui évoluent fréquemment en lésions chroniques.
L’entorse est « légère » si seulement quelques fibres du ligament sont déchirées, « modérée » si une partie du ligament est déchirée et « grave » si l’une des insertions du ligament est arrachée ou si le ligament est distendu sur une bonne partie de sa longueur. L’entorse peut s’accompagner d’une fracture d’avulsion si le ligament arraché emporte avec lui une portion de l’os sur lequel il est inséré, d’une synovite* et d’une capsulite*.
La boiterie est d’apparition brutale, plus ou moins prononcée selon la gravité de l’entorse. En cas d’entorse légère, il se forme un hématome localisé. Si l’entorse est plus sévère, l’hématome sera plus important, avec œdème et tuméfaction de l’articulation.

Le diagnostic des affections articulaires traumatiques s’effectue en plusieurs étapes
La première de ces étapes est bien sûr un bilan orthopédique complet : observation de l’attitude du cheval au repos, inspection et palpation de chaque membre, mobilisation en flexion et en extension de chaque membre… Il est possible ensuite de pratiquer certains tests plus spécifiques comme la pince exploratrice et la planche.
L’examen dynamique permet d’observer le cheval en mouvement dans des conditions variées (à froid/à chaud, sol dur/sol souple, monté/en main…) afin de déterminer le membre « boiteux » et la structure ou la région du membre concernée.
La synthèse des examens précédents permet de s’orienter, si nécessaire, vers des examens complémentaires :

L’examen radiographique révèle les modifications de la densité et de la structure osseuse.
L’échographie est un complément indispensable de la radiographie. Elle permet de contrôler l’intégrité des tissus mous (tendons, ligaments, cartilages et synoviale), dont on peut évaluer la forme, l’épaisseur et la structure.
L'arthroscopie permet une visualisation directe des modifications du cartilage, de la membrane synoviale, des ligaments intra-auriculaires voire des ménisques.
Différents traitements sont possibles
Le but du traitement est de permettre un retour rapide de l’articulation à un état normal, non seulement pour soulager le patient et autoriser éventuellement sa remise à l’entraînement, mais surtout pour éviter une aggravation de la dégradation des surfaces articulaires.
Selon les cas, le traitement sera conservateur, médical et/ou chirurgical. Le choix thérapeutique est guidé par de nombreux paramètres (possibilité de réduction chirurgicale, utilisation du cheval, articulation atteinte, lésions associées…). Il est établi par un vétérinaire selon le diagnostic porté.

Traitement conservateur
Il consiste essentiellement en un temps de repos au box, parfois sur plusieurs mois. Selon les cas, l’immobilité sera plus ou moins totale. Il est parfois nécessaire d’utiliser une ferrure orthopédique transitoire ; elle doit être amortissante, surtout pour les lésions ostéo-articulaires, et légère, surtout pour les lésions ligamentaires ou capsulaires. Le repos n’est pas à proprement parler un traitement des affections articulaires car il ne stimule pas la réparation des structures lésées et ne permet pas l’adaptation fonctionnelle. Il est nécessaire, avec immobilisation, en cas de fracture ou d’entorse grave.

Traitement médical interne ou externe par voie cutanée
Les traitements anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui restaurent la mobilité articulaire, ne doivent être utilisés que si l’état de l’articulation en cause le permet. En effet, le cheval, ne ressentant plus de douleur grâce à l’effet antalgique des AINS, risque de se déplacer de façon excessive et d’aggraver les lésions.

Traitement chirurgical
Le traitement chirurgical vise à rétablir l’intégrité des différentes structures de l’articulation : suture des ligaments déchirés, stabilisation des fractures osseuses, lavage (ou drainage) articulaire afin d’éliminer les fragments cartilagineux de l’articulation. Le lavage est réalisé seul ou en complément d’une chirurgie. Le curetage chirurgical de l’os et du cartilage vise à enlever une portion de cartilage abîmé et à favoriser la formation d’un néo cartilage. Cette technique est généralement pratiquée sous arthroscopie. La convalescence est d’environ 4 mois.
De nouvelles techniques chirurgicales sont également en étude ; elles consistent, lorsque les lésions cartilagineuses articulaires sont très importantes, à greffer des morceaux de cartilage (prélevés sur le sternum) afin de recréer une nouvelle surface articulaire fonctionnelle. Les résultats sont en cours d’évaluation.

Le pronostic est variable
Le pronostic des entorses et des fractures est extrêmement variable selon leur localisation, leur gravité et l’utilisation du cheval.

Les affections articulaires traumatiques sont spécialement coûteuses car elles sont à l’origine de baisses de performance, de réformes prématurées ou de retraits temporaires durant les saisons de course ou de compétition. La meilleure prévention pour lutter contre les traumatismes reste une bonne préparation de l’effort (entraînement spécifique, progressif et raisonné), sur des terrains de bonne qualité (souples, réguliers et peu profonds). Tout effort doit être précédé d’un échauffement. La prévention des affections traumatiques passe par une surveillance attentive des pieds et des aplombs : parages réguliers et ferrure adaptée sont indispensables. L’alimentation sera ajustée, qualitativement et quantitativement, au travail demandé. On veillera particulièrement à lutter contre l’embonpoint, voire l’obésité, qui affecte de nombreux chevaux et fatigue inutilement les articulations.

Les affections articulaires : les affections traumatiques

Tous les chevaux, et plus particulièrement les chevaux de sport, dont on exige des efforts intenses et répétés, soumettent leur structure ostéo‐articulaire à des contraintes importantes. Les articulations subissent de nombreux chocs et mouvements forcés. Les affections articulaires traumatiques (fractures, entorses) font l’objet de la deuxième fiche pratique sur les pathologies articulaires.

L’articulation, une structure complexe très vulnérable

Anatomiquement, les articulations sont des structures complexes (cf. schéma), constituées par :

Au moins deux os dont les surfaces articulaires sont recouvertes d’une fine couche de cartilage. Ce cartilage doit être à la fois rigide et déformable, pour assurer une répartition équilibrée des forces qui s’exercent sur l’articulation.

La capsule fibreuse articulaire, tapissée à l’intérieur par la membrane synoviale qui sécrète la synovie ou liquide synovial dont le rôle est de lubrifier l’articulation.

La capsule, parcourue de structures fibreuses de collagène inextensible, les ligaments, qui peuvent être intra‐ ou extra‐articulaires.

Les affections traumatiques articulaires : fracture ou entorse

Pour se tenir debout et se déplacer, le cheval développe au niveau des articulations deux systèmes de forces opposés : les forces de compression (rapprochement des pièces osseuses) transitent par les cartilages articulaires et la synovie, et les forces de traction (éloignement des pièces osseuses) sont transmises par les ligaments.

Une compression excessive peut entraîner une dislocation (fracture) des cartilages et/ou de l’os sous‐jacent. Ce type d’accident s’observe fréquemment au niveau du boulet. Des fragments de cartilages ou d’os (ostéophytes* ou fragment osseux de l’articulation) peuvent alors être libérés dans l’articulation, on les appelle des « souris articulaires ».

Les boiteries causées par les souris articulaires apparaissent et disparaissent brusquement : le cheval est normal jusqu’au moment où la souris se coince entre les cartilages articulaires, provoquant une boiterie aiguë qui disparaît aussi subitement qu’elle est apparue.

Si, à la suite de mouvements excédant les limites physiologiques de l’articulation (en hyper flexion, hyper extension et/ou en hyper‐rotation), les ligaments sont surchargés, ils peuvent s’étirer, voire se rompre, totalement ou partiellement, provoquant une entorse. Les boulets sont particulièrement exposés à ce genre d’accident, qui survient généralement de manière aiguë lors d’un exercice intense aux allures vives. Les articulations inter‐phalangiennes et sésamoïdo‐phalangiennes du pied peuvent également subir des entorses qui évoluent fréquemment en lésions chroniques.

L’entorse est « légère » si seulement quelques fibres du ligament sont déchirées, « modérée » si une partie du ligament est déchirée et « grave » si l’une des insertions du ligament est arrachée ou si le ligament est distendu sur une bonne partie de sa longueur. L’entorse peut s’accompagner d’une fracture d’avulsion si le ligament arraché emporte avec lui une portion de l’os sur lequel il est inséré, d’une synovite* et d’une capsulite*.

La boiterie est d’apparition brutale, plus ou moins prononcée selon la gravité de l’entorse. En cas d’entorse légère, il se forme un hématome localisé. Si l’entorse est plus sévère, l’hématome sera plus important, avec œdème et tuméfaction de l’articulation.

Le diagnostic des affections articulaires traumatiques s’effectue en plusieurs étapes

La première de ces étapes est bien sûr un bilan orthopédique complet : observation de l’attitude du cheval au repos, inspection et palpation de chaque membre, mobilisation en flexion et en extension de chaque membre… Il est possible ensuite de pratiquer certains tests plus spécifiques comme la pince exploratrice et la planche.

L’examen dynamique permet d’observer le cheval en mouvement dans des conditions variées (à froid/à chaud, sol dur/sol souple, monté/en main…) afin de déterminer le membre « boiteux » et la structure ou la région du membre concernée.

La synthèse des examens précédents permet de s’orienter, si nécessaire, vers des examens complémentaires :

L’examen radiographique révèle les modifications de la densité et de la structure osseuse.

L’échographie est un complément indispensable de la radiographie. Elle permet de contrôler l’intégrité des tissus mous (tendons, ligaments, cartilages et synoviale), dont on peut évaluer la forme, l’épaisseur et la structure.

L'arthroscopie permet une visualisation directe des modifications du cartilage, de la membrane synoviale, des ligaments intra‐articulaires voire des ménisques.

Différents traitements sont possibles

Le but du traitement est de permettre un retour rapide de l’articulation à un état normal, non seulement pour soulager le patient et autoriser éventuellement sa remise à l’entraînement, mais surtout pour éviter une aggravation de la dégradation des surfaces articulaires.

Selon les cas, le traitement sera conservateur, médical et/ou chirurgical. Le choix thérapeutique est guidé par de nombreux paramètres (possibilité de réduction chirurgicale, utilisation du cheval, articulation atteinte, lésions associées…). Il est établi par un vétérinaire selon le diagnostic porté.

Traitement conservateur

Il consiste essentiellement en un temps de repos au box, parfois sur plusieurs mois. Selon les cas, l’immobilité sera plus ou moins totale. Il est parfois nécessaire d’utiliser une ferrure orthopédique transitoire ; elle doit être amortissante, surtout pour les lésions ostéo‐articulaires, et légère, surtout pour les lésions ligamentaires ou capsulaires. Le repos n’est pas à proprement parler un traitement des affections articulaires car il ne stimule pas la réparation des structures lésées et ne permet pas l’adaptation fonctionnelle. Il est

Les affections articulaires: les affections traumatiques

Le but du traitement est de permettre un retour rapide de l’articulation à un état normal, non seulement pour soulager le patient et autoriser éventuellement sa remise à l’entraînement, mais surtout pour éviter une aggravation de la dégradation des surfaces articulaires.

Selon les cas, le traitement sera conservateur, médical et/ou chirurgical. Le choix thérapeutique est guidé par de nombreux paramètres (possibilité de réduction chirurgicale, utilisation du cheval, articulation atteinte, lésions associées…). Il est établi par un vétérinaire selon le diagnostic porté.

Traitement conservateur

Il consiste essentiellement en un temps de repos au box, parfois sur plusieurs mois. Selon les cas, l’immobilité sera plus ou moins totale. Il est parfois nécessaire d’utiliser une ferrure orthopédique transitoire ; elle doit être amortissante, surtout pour les lésions ostéo‐articulaires, et légère, surtout pour les lésions ligamentaires ou capsulaires. Le repos n’est pas à proprement parler un traitement des affections articulaires car il ne stimule pas la réparation des structures lésées et ne permet pas l’adaptation fonctionnelle. Il est nécessaire, avec immobilisation, en cas de fracture ou d’entorse grave.

Traitement médical interne ou externe par voie cutanée

Les traitements anti‐inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui restaurent la mobilité articulaire, ne doivent être utilisés que si l’état de l’articulation en cause le permet. En effet, le cheval, ne ressentant plus de douleur grâce à l’effet antalgique des AINS, risque de se déplacer de façon excessive et d’aggraver les lésions.

Traitement chirurgical

Le traitement chirurgical vise à rétablir l’intégrité des différentes structures de l’articulation : suture des ligaments déchirés, stabilisation des fractures osseuses, lavage (ou drainage) articulaire afin d’éliminer les fragments cartilagineux de l’articulation. Le lavage est réalisé seul ou en complément d’une chirurgie. Le curetage chirurgical de l’os et du cartilage vise à enlever une portion de cartilage abîmé et à favoriser la formation d’un néo cartilage. Cette technique est généralement pratiquée sous arthroscopie. La convalescence est d’environ 4 mois.

De nouvelles techniques chirurgicales sont également en étude ; elles consistent, lorsque les lésions cartilagineuses articulaires sont très importantes, à greffer des morceaux de cartilage (prélevés sur le sternum) afin de recréer une nouvelle surface articulaire fonctionnelle. Les résultats sont en cours d’évaluation.

Le pronostic est variable

Le pronostic des entorses et des fractures est extrêmement variable selon leur localisation, leur gravité et l’utilisation du cheval.

Les affections articulaires traumatiques sont spécialement coûteuses car elles sont à l’origine de baisses de performance, de réformes prématurées ou de retraits temporaires durant les saisons de course ou de compétition. La meilleure prévention pour lutter contre les traumatismes reste une bonne préparation de l’effort (entraînement spécifique, progressif et raisonné), sur des terrains de bonne qualité (souples, réguliers et peu profonds). Tout effort doit être précédé d’un échauffement. La prévention des affections traumatiques passe par une surveillance attentive des pieds et des aplombs : parages réguliers et ferrure adaptée sont indispensables. L’alimentation sera ajustée, qualitativement et quantitativement, au travail demandé. On veillera particulièrement à lutter contre l’embonpoint, voire l’obésité, qui affecte de nombreux chevaux et fatigue inutilement les articulations.

 

Définitions / lexique

Ostéophyte : production osseuse exubérante développée dans le voisinage d’une articulation malade.

Capsulite : inflammation de la capsule articulaire.

Synovite : inflammation de la synovie.