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La FOURBURE

Affection extrêmement douloureuse
La fourbure doit être considérée comme une urgence. Elle a généralement pour origine une surcharge alimentaire et peut ruiner à jamais la carrière d'un cheval, voire entraîner sa mort. 

. Qu'est ce qu'une fourbure ?
La fourbure aiguë est une maladie très grave qui touche les pieds des chevaux. Elle est due à une vasoconstriction, c'est-à-dire que les vaisseaux sanguins qui irriguent les pieds se bouchent. Le sang stagne dans les pieds et les tissus qui produisent la corne et soutiennent l'os du pied ne sont plus oxygénés. Ils se nécrosent. Dans les cas les plus graves, la fourbure devient chronique : l'os du pied descend dans le sabot et perfore la sole. On parle de basculement ou de rotation de la troisième phalange. A ce stade, le cheval ne peut plus être soigné. Il doit être euthanasié.
Enfin, la fourbure peut également aboutir à la chute ou au décollement des sabots. L'euthanasie est là-aussi bien souvent la seule solution pour soulager le cheval. La fourbure est bien sûr une affection extrêmement douloureuse. Cette douleur est provoquée par la pression sanguine dans le sabot, mais aussi par le manque d'oxygène. Ce sont les antérieurs qui sont généralement touchés, bien qu'un cheval puisse être fourbu des quatre membres en même temps. Il est par contre rare qu'un seul membre soit touché. Enfin, les poneys et les chevaux lourds y sont plus sujets que les autres, ainsi que les chevaux qui ont une sole fine.
Mais si la fourbure se manifeste au niveau des pieds des chevaux, il s'agit en fait d'une maladie plus complexe révélatrice d'autres troubles. C'est ainsi que ses causes sont multiples.
La plus courante est l'excès alimentaire. C'est le cas du poney trop gourmand qui se gave d'herbe verte au printemps. Ou celui du cheval qui s'est échappé de son box et a vidé en quelques minutes un sac entier de grains. Quelques heures plus tard, ils vont tous deux présenter les symptômes d'une fourbure, en raison d'un excès de protéines. Les équidés obèses sont d'ailleurs prédisposés à la fourbure dès qu'ils disposent d'herbe un peu trop riche en raison de troubles de la thyroïde. Mais un cheval peut aussi développer une fourbure si son régime habituel est trop riche compte tenu de son activité.
La cause d'une fourbure peut être également traumatique, par exemple un cheval qui a été travaillé sur un sol trop dur ou qui a été travaillé intensivement après une longue période d'inactivité. Mais une fourbure peut avoir aussi une origine infectieuse (pneumonie, inflammation de l'intestin) ou toxique. Un cheval peut même se retrouver fourbu après avoir absorbé une grosse quantité d'eau froide.
Mais quelque soit la cause de la fourbure, le résultat est le même : une quantité importante de substances toxiques (des endotoxines) se forme dans l'organisme du cheval, entraînant une inflammation générale qui se localise secondairement dans les pieds.

. Quels en sont les symptômes ?
Un cheval atteint de fourbure adopte une position aisément identifiable : les antérieurs campés et les postérieurs sous lui si ce sont les antérieurs ou les quatre membres à la fois qui sont touchés (les antérieurs portés en arrière et les postérieurs maintenus à leur place si ce sont uniquement les postérieurs qui sont fourbus). Il évite ainsi de s'appuyer sur ses antérieurs douloureux et reporte le poids de son corps vers l'arrière. Il se déplace bien entendu avec beaucoup de difficultés, voire refuse de marcher, et présente une forte fièvre (39 à 41°C). Les muqueuses de ses yeux sont congestionnées (couleur rouge ou violacée), sa respiration et son rythme cardiaque rapides, ses reins bloqués. A la palpation, ses antérieurs sont très chauds, douloureux, et il transpire.

. Comment la soigner ?
Appelez immédiatement un vétérinaire car il faut à tout prix éviter le basculement de la troisième phalange. En attendant qu'il arrive, vous pouvez soulager votre cheval en lui arrosant les pieds à l'eau froide ou en le laissant les pieds dans l'eau. Vous lutterez ainsi contre la congestion. Mais il ne faut surtout pas forcer un cheval atteint de fourbure à se déplacer car cela augmenterait l'inflammation (mais il est aussi vrai qu'en tout début de maladie faire marcher un cheval permet d'aider la vascularisation des tissus. Mais attention, pas plus de dix minutes par heure, sinon la marche va aggraver la maladie, et pas du tout si la fourbure est bien avancée). Et s'il s'est couché, ne le faites pas se lever : il souffre moins ainsi. Sinon, placez-le sur une litière bien épaisse ou du sable afin d'amortir les chocs du sol contre ses sabots. S'il vous laisse manipuler ses pieds, entourez-les de tissus épais, posez des éponges sous ses sabots. Et mettez lui un panier afin d'éviter qu'il ne mange et n'aggrave ses troubles digestifs, cause possible de sa fourbure.

Le vétérinaire mettre en place des thérapies pour combattre la douleur et administrera anti-inflammatoires, laxatifs et diurétiques. Il fera éventuellement une saignée à votre cheval. Dans certains cas, l'un des tendons fléchisseurs du pied, le perforant, est sectionné afin d'éviter la rotation de la troisième phalange. Mais si cette dernière a déjà commencé à basculer, d'autres soins seront envisagés : pose d'une plaque sous le sabot pour éviter la perforation de la sole, etc.
Par la suite, les pieds du cheval devront être parés en " carré ". Le maréchal-ferrant désépaissira la paroi du sabot. Les chevaux qui font souvent des fourbures ont en effet un espace vide (on parle de fourmilière) entre l'ancienne et la nouvelle corne. Le maréchal-ferrant va donc parer les pieds en pince jusqu'à tomber sur cet espace vide afin d'éviter la perforation ultérieure du sabot. Le cheval doit être muni d'une ferrure spéciale, dotée d'une barre de soutien pour la fourchette. Elle soulagera ses pieds, évitera que la troisième phalange ne bascule ou corrigera un début de basculement. Notons que les chevaux qui vont régulièrement des fourbures présentent une déformation de la paroi des sabots : des stries bien visibles se forment.

. Comment l'éviter ?
Le surmenage et la suralimentation sont les ennemis du cheval et les principales causes de la fourbure. Un travail régulier et une bonne hygiène alimentaire permettent donc de prévenir cette maladie.
Difficile pourtant de priver un cheval de pré au printemps (époque où l'herbe est la plus riche en sucres) sous prétexte qu'il peut faire une fourbure. Il faut plutôt limiter l'accès au pâturage, soit en n'y laissant le cheval qu'une heure par jour, soit en divisant le pré en petites parcelles. Il faut aussi penser à diminuer parallèlement sa ration alimentaire. Évitez de lui donner en plus des aliments riches comme l'orge ou l'avoine

 

Liaison entre Fourbure, S.M.E. et D.P.I.P.

On pense actuellement qu’il est improbable qu’un cheval en bonne santé développe une fourbure aigüe en broutant, un matin de printemps ou d’automne, de l’herbe contenant des taux élevés de fructane. On est plutôt d’avis que cet excès de fructane est sans doute la goutte qui fait déborder le vase dans le cas d’un cheval souffrant de résistance à l’insuline. Si un cheval développe une première fourbure dans ces circonstances, il y a lieu d’effectuer des tests de dépistage du DPIP (souvent incorrectement appelé le ‘syndrome de Cushing’) et du SME (syndrome métabolique équin). Ces deux syndromes ont en commun une résistance à l’insuline.

Les chevaux résistants à l’insuline, qu’ils soient atteints de DPIP ou pas, peuvent avoir des sabots douloureux en hiver. On appelle ce phénomène fourbure d’hiver, bien qu’en réalité ce n’en soit pas une.

Une chute brutale des températures oblige l’organisme à produire une plus grande quantité de cortisol. Cela a non seulement un effet négatif sur la résistance à l’insuline en général, mais entraîne aussi une vasoconstriction.

Par ailleurs, un organisme en bonne santé produit plus d’hormones thyroïdiennes pour combattre le froid mais chez les chevaux résistants à l’insuline, cette production sera trop faible, ce qui réduira donc le flux sanguin vers les sabots. Cela s’ajoute au fait que la circulation sanguine était déjà mauvaise chez ces chevaux, qui ont les vaisseaux sanguins endommagés et présentent des microthromboses.

Cette mauvaise circulation sanguine provoque des douleurs qui sont aggravées lorsque le cheval doit marcher sur des surfaces gelées ou inégales. La douleur et le stress qui en découlent augmentent la production de cortisol, créant ainsi un cercle vicieux.

Cinq facteurs essentiels
Cinq facteurs s’influençant mutuellement ont un impact sur les chances qu’un cheval guérisse complètement d’une fourbure. Il est donc important que vous portiez à chacun de ces facteurs toute l’attention qu’il mérite :

  • Gestion des problèmes de santé sous-jacents !
  • Nutrition saine et naturelle ! ( réduire l’apport d’amidon, de monosaccharides (glucose et fructose) et de disaccharides) ATTENTION! une prairie sur-pâturée peut être néfaste car le peu d'herbe restant stocke du Fructane!!!!
  • Mouvement et exercice suffisants et adaptés !
  • Hébergement qui stimule le mouvement !
  • Soins aux sabots adaptés