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L'Anémie infectieuse des équidés

Source IFCE

Voir aussi l'article très complet de WIKIPEDIA

Heureusement, le risque de contagion est très faible!

Voir aussi:

Maladie connue depuis le XIXeme siècle et présente dans le monde entier. Il y a encore régulièrement des cas sporadiques en France. L’AIE est une Maladie Réputée Contagieuse et également un vice rédhibitoire. Il n’existe aucun traitement et les animaux atteints doivent être abattus.

Virus et transmission

Le virus responsable de l’Anémie infectieuse des équidés (AIE) est un virus de la famille des Retroviridae (même famille que le virus du SIDA).

Seuls les équidés y sont sensibles : cheval, âne, mulet, bardot. Il n’est donc pas transmissible à l’homme.

En France, les derniers foyers sont apparus en Ardèche en 2007, dans le Var en 2009 (27 équidés atteints),  en Dordogne en 2010 (trois chevaux atteints) et dans les Alpes maritimes fin 2017 (1 cas).

En Europe, des foyers ont été déclarés en 2009, en Allemagne, Italie, Slovénie et Croatie. En 2010, de nouveaux cas étaient diagnostiqués en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Belgique. La maladie est endémique en Roumanie qui est à l’origine des derniers foyers confirmés en Belgique et au Royaume Uni.

La transmission se fait par le sang des animaux malades ou infectés latents. Elle est donc essentiellement indirecte : piqûres d’insectes, injections en série sans changer de matériel. Les animaux malades renferment plus de virus et sont donc plus dangereux. Il semblerait que la transmission se fasse principalement par l’intermédiaire des Taons

Symptômes

L’Incubation est de quelques jours à plusieurs semaines (moyenne 10-15 jours).

Forme suraiguë

Cette forme est rare et atteint surtout les jeunes. Elle se traduit par une fièvre importante (41°C), un abattement intense et la mort survient en 1 à 3 jours.

Forme aiguë

Au début les symptômes sont de la fièvre, une anorexie, des signes locaux oculaires (larmoiement, muqueuse conjonctivale jaunâtre sur fond rouge). Puis, une aggravation apparaît avec des oedèmes en régions déclives. La mort survient dans 80% des cas en une dizaine de jours, ou bien la maladie passe à une forme chronique ou latente.

Forme subaiguë

Les symptômes sont atténués et étalés dans le temps, avec des crises espacées de phases de rémission. Les principaux sont la fièvre et des oedèmes  des parties déclives nets et une anémie marquée.

Les crises peuvent être déclenchées par un stress (travail intense, chaleur, course, gestation ou administration de certains traitements).

L’évolution est longue et peut aboutir à la mort lors d’un accès aigu, ou bien passer à la forme chronique.

Forme chronique

Cette forme peut succéder à la forme aiguë ou subaiguë, ou survenir d’emblée.  

Elle est d’évolution longue, avec des symptômes non spécifiques : amaigrissement, baisse de forme, légère augmentation de température, augmentation importante de la fréquence cardiaque à l’effort, muqueuses légèrement jaunâtres (« œil gras »), anémie plus ou moins accusée.

Des épisodes aigus peuvent survenir. La mort intervient au bout de plusieurs mois ou années.

Forme latente

Après une ou plusieurs crises, l’animal semble guéri mais il continue à héberger le virus et peut le transmettre.

Il existe aussi des animaux porteurs du virus, apparemment en bonne santé, sans aucune manifestation de symptômes.
Cette forme latente est la plus fréquente en France.

Diagnostic et traitement

Diagnostic

De par ses symptômes parfois peu évocateurs, la maladie peut être confondue (selon la forme) avec d’autres telles la piroplasmose, la leptospirose, des tumeurs, des maladies septicémiques, …
Y penser tout de même lors de maladie aiguë avec fièvre, conjonctivite, oedèmes, ou lors de méforme chronique ou d'amaigrissement.

L’établissement du diagnostic de certitude se fait par la recherche des anticorps dans le sang par le « test de Coggins ». Il peut être réalisé uniquement par des laboratoires agréés en France. 

En moyenne, les anticorps apparaissent 10 jours après le début de la fièvre sur l’animal malade, en général au plus tard 30 jours après l’infection. Mais l’apparition de ces anticorps d’un animal peut aller de 3 jours à 90 jours environ.
Les anticorps persistent toute la vie de l’animal, même s’il semble guéri. Même chose chez les porteurs sains.

Traitement

Il n’existe aucun traitement.

Prévention
La mesure de prévention principale est le dépistage et l'isolement des chevaux infectés.
La prévention passe donc par l’application de mesures de prophylaxie sanitaire. En milieu indemne :

N’introduire que des animaux sains provenant d’un effectif régulièrement contrôlé.
Dans le cas contraire, faire procéder à un contrôle sérologique (test de Coggins) après 20 jours de quarantaine.

Lutter contre les insectes par des mesures de désinsectisation et d’hygiène.
Ne procéder à des injections qu’avec du matériel à usage unique (aiguille et seringue neuve pour chaque animal).
Demander un test sérologique à l'achat.
 

Réglementation

L’anémie infectieuse des Équidés fait partie de la catégorie 1 des dangers sanitaires mentionnés dans l’article L.201-1 du code rural et de la pêche maritime". La classification en cours est définie par l'arrêté ministériel du 29/7/2013. La catégorie 1 regroupe les : "dangers sanitaires susceptibles de porter une atteinte à la santé publique, ou à mettre gravement en cause les capacités de production nationales ou la salubrité de l’environnement. Ces dangers requièrent des mesures de prévention, de surveillance ou de lutte définies et imposées, dans un but d’intérêt général, par l’État. "
C’est également un vice rédhibitoire, toujours sous sa forme sérologique, avec un délai de rédhibition de 30 jours (décret du 28 juin 1990 et arrêté du 26 juillet 1990).

Mesures de police sanitaire

(Arrêté Ministériel du 23 septembre 1992)
Lorsqu’un cas est confirmé (test de Coggins), un Arrêté Préfectoral Portant Déclaration d’Infection (APPDI) est pris par les Services Vétérinaires du département concerné qui fait procéder à une enquête épidémiologique.

Cet APPDI entraîne les mesures suivantes :

Mise en interdit de l’établissement hébergeant l’équidé, c’est à dire interdiction de tout déplacement de chevaux vers et à partir de cet établissement.
Prise d’un Arrêté de Mise sous Surveillance des établissements hébergeant des équidés ayant été en contact avec lui dans les mois précédents.
Dépistage sur tous les équidés de ces établissements.
Ceux qui se révèlent atteints (résultat positif au test de Coggins) sont isolés, et abattus dans les 15 jours. La désinfection et désinsectisation des locaux sont réalisées. Une participation financière de l’État pour la visite du vétérinaire sanitaire, les examens de laboratoire, indemnités d’abattage, est versée avec un maximum de 3050 €  par équidé.

Contrôles sérologiques tous les mois sur tout l’effectif, abattage des positifs, jusqu’à obtention de résultats négatifs.

La levée de l’Arrêté ne peut être prononcée qu’après :

Résultats négatifs aux 2 contrôles à 3 mois d’intervalle sur tous les équidés restants,
Élimination des équidés infectés, désinfection et désinsectisation des locaux.