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Prédire le tempérament d'un cheval

le mardi 09 janvier 2007

Pour choisir un cheval destiné au sport ou au loisir, le tempérament est le premier critère à prendre en compte. Jusqu'à présent, il n'existait pas de tests objectifs pour sélectionner les chevaux en fonction de leur tempérament. Des chercheurs de l'INRA ont conçus des tests permettant de définir objectivement le caractère des chevaux. Ils ont ainsi montré que le tempérament des chevaux peut être prédit de façon fiable dès l'âge de huit mois.

Prédire le tempérament d’un cheval

Le tempérament du cheval est un facteur primordial pour une utilisation adaptée des chevaux, quelle que soit la discipline pratiquée. Par exemple, pour l’équitation de loisir, les chevaux doivent être calmes et peu réactifs afin de ne pas manifester de réactions de peur exagérées (écarts, emballements) pouvant conduire à des accidents. Hors, jusqu’à présent, il n’existait pas de tests objectifs pour sélectionner les chevaux en fonction de leur tempérament. Pour répondre à la demande des professionnels du monde du cheval, une vaste étude soutenue par les Haras Nationaux(1) se déroule à l’INRA de Tours depuis 2001, visant à créer des tests permettant de prédire le tempérament des chevaux. Les chercheurs ont ainsi montré que le tempérament des chevaux peut être prédit de façon fiable dès l’âge de huit mois. Cette étude a permis de créer au niveau mondial le premier modèle de tempérament équin dont la stabilité à long terme a pu être démontrée.

Une récente enquête des Haras Nationaux a montré que le tempérament est le critère le plus important pris en compte pour l’achat d’un cheval, qu’il soit destiné au sport ou au loisir. Pourtant, jusqu’à présent, il n’était pas facile de détecter rapidement les chevaux au tempérament adapté. Seul le fait de les côtoyer pendant plusieurs semaines permettait de comprendre leur caractère. Les chercheurs de l’INRA, en collaboration avec les Haras nationaux ont mis au point des tests permettant de caractériser objectivement le tempérament des chevaux, comme cela est fait avec les notes de modèles et allures, ou les indices de performance.

Comment mesurer les différents aspects de tempérament du cheval ?

Entre 2001 et 2005, plus de deux cent chevaux ont été testés afin de mettre au point des tests permettant de caractériser objectivement le tempérament des chevaux. Ceux-ci ont été étudiés à l’INRA de Tours, à la station expérimentale des Haras Nationaux de Chamberet ou encore dans des élevages privés. Au cours de cette période, plus d’une trentaine de tests ont été créés afin de mesurer différents aspects de tempérament comme la peur, la motivation sociale (le fait d’accepter ou non d’être seul), la réactivité vis-à-vis des humains, le niveau d’activité général ou encore la sensibilité des chevaux. Après trois années de recherche, une dizaine d’entre eux ont été retenus : en raison de leur facilité de mise en œuvre, de leur fiabilité et de leur répétabilité.

Mise au point de tests originaux

Pour tester la réactivité vis-à-vis des humains, le cheval peut être soumis aux « test de l’homme passif » et « test de l’homme actif ». Les comportements de l’animal sont observés, en présence d’un homme immobile à la porte de son box, ou se dirigeant vers l’animal pour lui mettre un licol. L’observateur prend ici en compte les temps nécessaires pour toucher l’épaule, toucher la tête, mettre le licol en appréciant l’immobilité du cheval et d’autres comportements comme trotter, mordre ou flairer.
D’autres tests concernent par exemple la sensibilité tactile du cheval. Un observateur touche le cheval avec un instrument de mesure tactile, appelé filament de Von Frey. Ce filament est composé d’un stylet au bout duquel est attaché un fil nylon très fin, que l’humain sent d’ailleurs à peine. L’expérimentateur touche le cheval avec ce filament à la base du garrot et observe une éventuelle réponse de frémissement du muscle peaucier. Une grande variabilité des réponses est observée : certains chevaux hypersensibles frémissent systématiquement alors que d’autres ne présentent jamais aucune réaction. Ces tests se sont révélés prédire précisément l’aptitude du cheval à être monté, et notamment sa sensibilité aux aides du cavalier.

Prédire le tempérament du cheval dès l’âge de huit mois

Une étude longitudinale a permis de suivre plus de cent chevaux de la naissance jusqu’à l’âge de trois ans. Elle a montré que le tempérament des chevaux peut être prédit de façon fiable dès l’âge de huit mois.

Cette étude a également permis de s’intéresser aux facteurs génétiques qui peuvent influencer cette mise en place. Un effet de l’origine paternelle a ainsi pu être montré : en fonction de leur père, certains chevaux sont plus peureux, plus motivés socialement ou plus réactifs vis-à-vis des humains que d’autres. Un effet du sexe a également été mis en évidence : par exemple, les hongres (chevaux castrés) sont plus peureux, plus réactifs vis-à-vis des humains, moins motivés socialement et moins actifs que les femelles.

Choisir le profil de tempérament adapté : équitation de loisir ou obstacle et dressage ?

En plus de pouvoir prévoir le tempérament des chevaux, l’objectif de l’étude était également de déterminer quel est le tempérament le plus adapté en fonction du type d’utilisation. On a donc cherché un lien entre les différents aspects de tempérament identifiés et l’aptitude des animaux à être débourrés (être manipulés, tourner en longe, sauter, se promener à l’extérieur). Les analyses ont permis de distinguer deux types de profils :

* Le premier type de profil correspond aux chevaux peu peureux, peu réactifs vis-à-vis des humains, peu motivés socialement et actifs. Ces chevaux se sont montrés être les plus faciles à manipuler et à mener en extérieur ; il s’agirait donc plutôt d’un profil adapté à l’équitation de loisir.

* Le second type de profil correspond à des chevaux plus peureux, plus réactifs vis-à-vis des humains, plus motivés socialement et actifs. Ces chevaux se sont révélés être plus difficiles à manipuler, mais plus performants à l’obstacle et pour le dressage ; ils conviendraient donc davantage aux cavaliers confirmés pour une équitation sportive.

Sur le plan fondamental, cette étude a permis de créer au niveau mondial le premier modèle de tempérament équin dont la stabilité à long terme a pu être démontrée. En terme d’application pratique, cela signifie que des tests simples à mettre en œuvre réalisés dès l’âge de huit mois permettent de prédire l’aptitude des chevaux à être utilisés à l’âge adulte. Une sélection rapide des chevaux en fonction de leur tempérament devient alors envisageable.

Source INRA.

 L'Equitation Ethologique

Selon Élisabeth de Corbigny

L’éthologie (étude du comportement animal) , est une science qui s’apprend en Université ; je ne saurais donc prétendre à aucun titre dans ce domaine.

Cependant , les nouvelles techniques d’éducation et de dressage des chevaux trouvent leur source dans l’éthologie. Certains Américains , en conflit avec les méthodes violentes appliquées généralement aux chevaux, surtout lors des débourrages, ont réussi , à force de les observer  dans leur milieu naturel, à « décoder » leur moyen de communication. Le résultat de ce travail leur à permis de formater des méthodes simples, efficaces, et sécuritaires, mais surtout pleines de bon sens, afin que tout le monde puisse apprendre à mieux communiquer avec son cheval.

La plupart des problèmes « comportementaux » que nous rencontrons avec nos chevaux sont dus  le plus souvent à un manque de compréhension ; nous pouvons les résoudre efficacement et de manière durable si nous nous attachons à comprendre et respecter la nature du cheval , ainsi que la « mécanique » du mouvement.
Certains principes fondamentaux basés sur l’éthologie doivent nous permettre d’améliorer la relation homme/cheval. En voici quelques exemples :

 Ne pas oublier que le cheval est une « proie » et l’homme, un  « prédateur »… à nous de modifier notre comportement et de nous remettre en question!

Agir comme un « leader » digne de confiance et non comme un « chef » autoritaire.

Rendre confortable le comportement souhaité, et rendre la fuite inconfortable.

Trouver un moyen de communication compréhensible pour le cheval, notamment en améliorant notre « langage du corps » et notre capacité de concentration !…..

Si nous souhaitons construire une vraie relation avec les chevaux , en faire des partenaires confiants, volontaires et généreux, nous devons faire l’effort de nous remettre en question et travailler énormément sur nous-mêmes , afin de développer nos qualités et améliorer nos points faibles.