Actualité/Articles

Le Cheval "Pieds Nus"
 

 

ANNEE 2015
THESE : EST IL POSSIBLE DE MAINTENIR UN CHEVAL
DE SPORT OU DE LOISIRS SANS FER?

 

Les Pieds Nus:

Une solution ?

L’article ci dessous n’est forcement pas objectif : c’est un plaidoyer pour les pieds nus et contre les fers…Chacun peut y prendre des informations…. et en laisser !

« Le saviez-vous ? Les fers sont nocifs pour les chevaux. Tous les maréchaux-ferrants et vétérinaires honnêtes vous le diront. Mais peu savent qu'une alternative existe : les chevaux pieds nus et performants !  La plupart des propriétaires de chevaux attendent la catastrophe pour s'y intéresser. C'est quand leur cheval est naviculaire ou fourbu au dernier degré, que le vétérinaire et le maréchal-ferrant sont à court de solutions, quand ils ont essayé toutes les techniques de soin "classiques" (ferrures spéciales) et qu'on leur dit qu'il ne reste plus qu'à euthanasier le pauvre cheval, qu'ils y prêtent enfin attention ».

Le pied nu ou : un fer n’est pas nécessaire !

On ferre les chevaux depuis des siècles. Un cheval ferré est une image si habituelle, si normale qu’elle n’étonne plus personne. Il y a même des livres d’anatomie qui représentent le sabot ferré, comme si le fer en était un appendice naturel ! Les maréchaux et les vétérinaires se posent pourtant toujours des questions sur la meilleure façon de soigner les pieds des chevaux car les problèmes de pied sont à l’origine de nombreuses boiteries.

Alors qu’un cheval devrait pouvoir vivre 30 ans sans problèmes, la moyenne d’âge de nos chevaux est aujourd'hui très réduite ! La boiterie serait d'ailleurs une des causes principales de l’abattage précoce d’un cheval.

 

Aux Etats-Unis, des maréchaux (Lyle Bergeleen, Gene Ovnicek et Jaime Jackson), confrontés aux multiples problèmes rencontrés dans leur travail et à l’impossibilité d’obtenir une guérison par les techniques appliquées, ont cherché l’inspiration du côté des mustangs, les chevaux sauvages qui vivent en liberté dans les montagnes du Nevada. A leur grand étonnement, ils ont constaté que ces chevaux qui couvraient chaque jour de grandes distances sur des sols caillouteux avaient tous des sabots en excellent état. Ces sabots présentaient des caractéristiques communes : une pince courte, un talon bas, un bord arrondi (‘le mustang roll’), une sole concave et une fourchette large.

Alors que Lyle Bergeleen s’en tient à une autre façon de parer et de ferrer, Jaime Jackson va plus loin et est partisan de l’abandon total du fer. Il a trouvé un partenaire pour ses idées en Europe dans la personne de Dr. Hiltrud Strasser, une vétérinaire allemande qui dirige depuis vingt ans une clinique spécialisée dans les problèmes de pieds.

Il ressort de ses recherches que nos chevaux domestiques peuvent parfaitement se passer de fers, sont en meilleure santé ‘pieds nus’ tout en étant capables d’être performants, si nous leur offrons également un mode de vie plus naturel.

Un petit peu d’histoire

Un des principaux arguments des partisans du cheval ferré est que l’on utilise les fers depuis déjà des siècles pour les chevaux de selle et les chevaux de trait et que l’on ne peut donc pas s’en passer. On sait que le fer a fait son apparition dans nos contrées vers le IX ème siècle, et qu’il y était auparavant totalement inconnu. Les Mongols, les Huns, les Berbères, de grands guerriers comme Alexandre le Grand, Hannibal et Xénophon ont parcouru des distances énormes avec une cavalerie non ferrée.

Les Romains n’utilisaient pas (encore) le fer. Pour leurs chevaux de trait ils utilisaient une sorte « d’hipposandale » de fer qui emballait le sabot et y était fixée, mais qui ne permettait aux chevaux de ne se déplacer qu'au pas.

Dans la littérature romaine, on ne mentionne nulle part de fers fixés à l’aide de clous, on n’en voit pas non plus de représentation dans les œuvres d’art de l’époque.

Ce n’est qu’à partir du moyen âge que l’on retrouve des mentions et des représentations de fers. C’est aussi à cette époque qu’on a pris l’habitude de garder les chevaux à l’écurie plutôt que de les laisser en liberté ou dans des prairies. Les fers sont apparus alors nécessaires à la corne de ces sabots ramollis par le contact avec l’ammoniaque et un manque d’exercice suffisant - entraînant donc une moins bonne circulation sanguine dans le pied-. Il a fallu une sorte de ‘protection’ à ce dernier, - un fer- afin de pouvoir continuer à faire travailler le cheval. Au XVIIIe siècle, en Europe, le fer est totalement entré dans les mœurs. Si les publications sur les problèmes de pieds augmentent à partir de cette période, personne ou presque ne fait le lien avec l’utilisation du fer. Des études, parues en 1830, en décrivent cependant les effets néfastes ; elles n’auront, hélas, qu’une audience réduite.

Un peu d'histoire sur les sabots nus

Rédigé par Nancy Filbert, Spécialiste en Sabots Nus.

1 )  Les chevaux des Chars de guerre des Hittites Antiques ont été formés et employés nu-pieds et pendant leurs 6 mois d'utilisation, ils parcoururent environ 7200 Km dans cette période. Ils couvraient en moyenne de 75 à 200 Km par jour.

2 )  Xénophon, au 4ème siècle AVANT JÉSUS-CHRIST, le Commandant de Calvaire écrivit des instructions très détaillées sur la façon de q'occuper des sabots de chevaux nu-pieds.
3. Le Général Daumas, qui a étudié les Bédouins (en Arabie) écrit : " un bon cheval dans le désert doit couvrir de 111,25 Km à 173,55 Km pendant 5 ou 6 jours consécutif, avoir 2 jours de repos et repartir aussitôt... D'autre part, il n'est pas rare de voir des chevaux couvrir 223-267 Km dans 24 heures ". ??? ?????????

3 )  F. Von Schwarz déclare que " au temps où les raids de Turkmène étaient toujours d'actualité, des acteurs de tels raids parcouraient sur leurs chevaux, dans le désert de Waterless, régulièrement des distances de 1000 Km sur 5 jours avec leur butin de pillage et des prisonniers ".

4 )  Markus Junkelmann dans son ouvrage "les Cavaliers de Rome" a examiné des Textes Grecs et Romains et n'a trouvé aucune mention de fers à cheval. Il n'a remarqué de besoin particulier des Romains à vouloir ferrer leurs chevaux. Lui et son équipe ont recréé une Unité de Calvaire Romaine et sont allés aux distances semblables et des terrains, constatant que 450 Km n'ont prouvé aucune difficulté pour leurs chevaux aux pieds nus.

5 )  Aucune œuvre d'art romaine ne montre un sabot ferré.   Alexandre le Grand a accompli tous ses exploits sur des chevaux aux pieds nus.

Les écrits antiques et les divers évènements historiques font clairement référence au fait que le ferrage n'est pas apparu en Europe Occidentale et Centrale avant le 9ème siècle environ et était antérieurement inconnu. Cela signifie que beaucoup de civilisations, comptant entièrement sur le cheval pour le transport et la guerre, parcouraient énormément de kilomètres pendant de nombreuses années, dans des conditions et des terrains très variables. Ces écritures antiques expliquent avec moult détails les soins apportés aux sabots de tels chevaux, écrivant leur durcissement progressif; il n'y avait jamais de mention de protection de sabot. A aucun moment il n'est mention de la myriade de problèmes de sabot auxquels nous faisons face aujourd'hui. Si on compare les écrits pré médiévaux sur le cheval nu-pieds comparé avec les livres écrits pendant des temps médiévaux (les chevaux étaient ferrés), on constate que les livres plus récents sont remplis de problèmes de pied et des discussions sur comment guérir ceux-ci, tandis que dans des textes antiques, ce sujet est tout à fait absent.

  ?

La Ferrure

Le Fer à Cheval

  • On décrit au fer quatre parties, la pince (partie avant), la mamelle puis le quartier (parties latérales) et enfin l'éponge (partie arrière). Les bords du fer sont appelés rives, la distance entre les rives est appelée couverture.
  • La voûte est la rive interne du fer correspondant à la pince en rive externe.
  • Les fers sont percés de trous destinés à permettre le passage des clous. L'extrémité du trou située vers le sol est appelée étampure, celle dirigée vers le sabot est appelée contre-perçure. Le fer est dit étampé à gras quand les étampures sont éloignées de la rive externe, étampé à maigre dans le cas contraire.
  • Les pinçons sont des rebords du fer, de forme triangulaire, destinés à stabiliser la tenue du fer. Le plus souvent, les fers antérieurs portent un seul pinçon tandis que les postérieurs deux.
  • Des mortaises à crampons peuvent être creusées sur le fer ; il s'agit d'orifices filetés permettant de visser des crampons sur le fer afin d'améliorer la tenue sur terrain glissant.
  • La garniture est la largeur du fer dépassant à l'extérieur du pied et l'ajusture la partie du fer qui n'est pas en contact avec le sabot à l'intérieur du pied. L'ajusture est parfois biseautée pour soulager l'appui de certaines parties du pied.
  • Les fers antérieurs sont de forme arrondie, de largeur et de longueur presque égales. Les éponges sont identiques à celles des postérieurs.
  • Les fers postérieurs sont plus ovales, et de par le fait qu'ils ont en général deux pinçons au niveau des mamelles, il est possible d'ainsi « reculer » le fer, c'est-à-dire le mettre plus arrière du pied. Ainsi, le cheval risque moins de se toucher les antérieurs en se déplaçant.
  • On distingue les fers droits des fers gauches par leur branche interne plus droite et étampée plus à maigre que la branche externe.

Clous

Les clous à ferrer comportent plusieurs parties :

  • la tête, composée de la frappe destinée à recevoir les coups de marteau, et le collet qui va s'enfoncer dans l'étampure. Le collet du clou doit être adapté à l'étampure et à la rainure du fer ;
  • la lame de longueur adaptée à la taille du pied est prolongée par le grain d'orge.- ;
  • le grain d'orge est un renflement qui fait dévier le clou vers l'extérieur du pied. La partie oblique du grain d'orge est appelée affilure, elle doit être placée vers l'intérieur du pied ;
  • une fois le clou planté, son extrémité extérieure est recourbée et coupée formant ainsi le rivet.

Méthodes de ferrure

 

Travail pour ferrer les chevaux lourds

 

Porte ornée de motifs de fers à cheval en Syrie

  • Ferrure à la française : le fer est chauffé puis ajusté à la tournure plantaire du pied. La corne étant un isolant, le fer peut être posé à chaud, pour permettre de rectifier sa tournure après vérification lors du posé. Le maréchal-ferrant se fait seconder par un aide (« le teneur de pieds ») qui maintient le sabot à la main en s'aidant d'une lanière de cuir.
  • Ferrure à l'anglaise : le maréchal-ferrant ferre seul, à chaud ou à froid, en maintenant le sabot sur ou entre les genoux. Cette méthode de ferrure s'est généralisée en France. Outre l'économie d'une personne, elle permet au maréchal-ferrant d'avoir une bonne vision du sabot.
  • Ferrure au travail : Le cheval est immobilisé dans un bâti au moyen de sangles. Cette technique n'est guère plus utilisée, elle servait principalement pour les bœufs et les chevaux lourds. Elle est considérée comme très coercitive et réservée aux cas difficiles ou aux chevaux lourds qui n'ont pas appris à donner les pieds convenablement, comme cela arrive parfois chez les jeunes chevaux de trait.

Différents types de fers

  • Les fers couverts en général moins épais, permettent une meilleure protection du pied. Ils peuvent être élargis dans leur ensemble ou seulement dans une partie (demi-couverts, couverts en pince, en éponge, etc).
  • Les fers dégagés sont plus étroits et légers, ils sont principalement utilisés en course.
  • Les fers nourris sont plus épais que la normale, ils peuvent être à la marchande c'est-à-dire d'épaisseur constante ou nourris en pince, en mamelle, en branche interne ou externe. Ces fers s'utilisent pour remédier à des défauts d'aplomb ou pour protéger des pieds sensibles
  • Les fers tronqués dans diverses parties sont utilisés pour protéger les membres des chevaux qui forgent (touchent l'éponge du fer antérieur avec la pince du postérieur) ou s'atteignent (se blessent les membres avec leur fer).
  • Les fers pantoufle ou désencasteleurs ont la rive interne plus épaisse que la rive externe pour permettre aux talons de s'écarter.
  • Les fers à planche ont les éponges réunies par une barre de métal permettant un bon appui au niveau de la fourchette. Ils sont utilisés dans la ferrure de la maladie naviculaire.
  • Les fers schneider ont une planche réunissant les éponges et une seconde, perpendiculaire à la première fixée sur la voute, est utilisé dans les fourbures.
  • Les fers ovales ou egg bar shoes soulagent la partie postérieure du pied.
  • Les fers à tous pieds sont utilisés comme secours en randonnée. Ils sont articulés en pince et percés de nombreuses étampures, de façon à ne pas devoir transporter un assortiment complet de fers.
  • Les fers inversés dont la pince est dirigée vers l'arrière sont utilisés pour favoriser le déroulement de la foulée.
  • Les fers en plastique type Easywalker (TM) peuvent permettre un meilleur confort et un allègement de la ferrure.
  • Les plaques de cuir ou de matière plastique peuvent être interposées entre le fer et le sabot. Elles jouent un rôle de protection de la sole et d'amortissement. Du silicone peut également être injecté sous la plaque pour en renforcer les effets.
  • Les fers en M : au lever du pied, le fer dessine un M dont la branche médianne soutient la fourchette ; ils sont utilisés dans le traitement de la fourbure et soulagent fortement le cheval.

Accidents de ferrure

  • le clou de rue est la pénétration d'un clou dans les parties vives du pied.
  • L'encloure est une piqûre non rectifiée avec souvent formation d'un abcès.
  • Le pied serré est la conséquence d'un fer broché trop près des éponges et ne permettant pas à la fourchette de jouer son rôle amortisseur.
  • La sole chauffée ou brûlée est due à l'application trop prolongée d'un fer trop chaud.

Hippologie

On dit « Pas de pied, pas de cheval », ce qui résume l'importance de la santé des pieds du cheval pour fournir un travail. Le fer à cheval joue un rôle de protection du sabot et l'épargne d'une usure prématurée. En fonction de la vitesse de pousse de la corne et des conditions d'utilisation du cheval, la ferrure devra être renouvelée toutes les 6 à 8 semaines. Dans la nature, un cheval n'a pas besoin de fer car la vitesse de pousse de la corne est égale à sa vitesse d'usure.

On a pris l'habitude de ferrer le cheval domestique, soumis à des contraintes de travail (porter un cavalier, se déplacer sur des sols abrasifs comme le sable).

Selon les conditions de détention, les chevaux domestiques n'ont pas besoin d'être ferrés. Parfois seuls les antérieurs sont ferrés.

Il est de plus en plus courant de laisser le cheval sans fers et d'utiliser des hipposandales lors de travail sur terrain abrasif ou pour de longues randonnées. Selon le terrain et la qualité du pied il est parfois possible de se passer de toute protection du sabot.

Porte-bonheur

Le fer à cheval est considéré comme un objet ayant des vertus porte-bonheur. Cette vertu légendaire vient sans doute du fait qu'un fer à cheval égaré était revendu au forgeron et permettait ainsi d'en récolter quelques espèces sonnantes et trébuchantes. Les fers à cheval, du fait du martelage à froid qu'ils subissent, étaient refondus pour divers usages. Les fers à cheval usagés et reforgés étaient nommés lopin bourru. Le fer en tant que métal protégerait des mauvaises influences et du malheur. On voit également dans sa forme l'initiale du Christ ou le croissant de lune, symbole de fertilité et de chance. Pour porter bonheur, le fer doit être placé les éponges vers le haut : « pour que le bonheur ne tombe pas » ! Il faut également qu'il soit trouvé par hasard sur la route, et de préférence encore muni de ses clous.

Une autre origine de cette tradition est la légende de St Dunstan, forgeron en 959. Le diable lui ayant amené son cheval à ferrer, Dunstan cloua le fer sur le pied fourchu du démon. Celui-ci dut promettre, afin d'être libéré, de ne jamais entrer dans une maison protégée par un fer à cheval.

Enfin l'origine la plus probable du "fer porte bonheur" se trouve en Italie et plus précisément à Rome. Néron y est alors "CESAR" et pour montrer à l'ensemble de son royaume l'étendue de sa richesse, il ordonna à ses forgerons de forger et poser à ses chevaux des fers en or. Malheureusement pour Néron, les techniques de la pose des fers n'étaient pas encore au point et lorsqu'il se pavanait sur ses terres, il arrivait que l'un de ses chevaux se déferre. Le pauvre paysan qui, par chance passait par là, trouve alors en ce fer de valeur inestimable, une source de bien être éternel. Pour que la bénédiction se réalise il faut aujourd'hui trouver un fer, face plantaire en haut et qu'il soit, comme le faisait Néron, forgé à la main. Il doit en outre posséder sept trous.

 

Le Parage

Notre modèle : le sabot naturel du mustang sauvage.

C'est ici un court résumé de ce qu'on trouve dans le livre de Jaime Jackson sur l'étude des pieds des mustangs sauvages.

Les sabots naturels sont courts, avec très peu ou pas du tout de paroi dépassant le niveau de la sole. Les talons sont bas. La sole est concave et la fourchette a un aspect de vieux cuir. Le sabot entier est exempt de seimes, cracks et autres…

Tous les chevaux domestiques peuvent arriver à ce résultat, contrairement à la croyance qui dit que l'élevage produit des chevaux aux mauvais pieds. Les seules choses qui détériorent les pieds sont l'inactivité, un sol trop mou, de mauvaises conditions d'hébergement, une nourriture pas adaptée et un mauvais entretien.

Suit une description plus précise de pieds de mustangs. Cependant PR ne se base pas sur des angles et des mesures à obtenir par le parage. Il considère chaque pied individuellement et ne le force pas à ressembler à un idéal. Cela se produit tout seul mais c'est le sabot qui dicte son rythme.

    Le sabot du cheval domestique

L'entretien des pieds du poulain est très important.

Quand les talons sont trop hauts, P3 repose sur sa pointe au lieu d'être parallèle au sol. Du coup cela met plus de tension sur la chair feuilletée (lamina) et l'os commence à descendre dans la boîte cornée et à pivoter.

Aussi, si les talons restent bas mais si la pince pousse trop longue, le bras de levier créé pousse la paroi vers le haut et loin de P3 à chaque bascule du pied.

Quand la ligne blanche subit une séparation, plus on tire dessus (talons hauts ou pince trop longue), plus P3 descend dans la boîte cornée.

C'est tellement courant que si l'on apprend à reconnaître ça et à le traiter, on peut guérir la plupart des problèmes de pied.

Les gens associent la rotation de P3 avec fourbure mais c'est en fait très courant chez nos chevaux domestiques. PR préfère parler de "séparation du sabot" plutôt que de "rotation" car ce terme a un effet paralysant chez la plupart des gens.

Une position basse ou la rotation de P3 équivaut aux "pieds plats" et est la seule raison pour laquelle les chevaux ont "besoin" de fers.

Quand on commence un bon parage naturel, une paroi ayant un bon angle commence à pousser de la couronne, et poussera en ligne droite jusqu'au sol. Au fur et à mesure de cette pousse, P3 va remonter, la concavité de la sole va se former, et le cheval sera capable de marcher sur n'importe quel terrain.

 

Le parage naturel / méthodes

Les Bases du Parage Naturel

Différentes méthodes de parage naturel existent, et même s'affrontent. Voici les deux principales :

·         La méthode dite "wild horse trim" (parage du cheval sauvage) développée par Jaime Jackson et Pete Ramey se base sur la forme du pied du mustang sauvage. Le parage va aider le cheval à retrouver un sabot équilibré et naturel mais sans le forcer. C'est le pied lui-même qui sert de guide et qui montre petit à petit jusqu'où on peut aller.

·         La méthode du Dr Strasser essaie de parer le sabot de façon à lui redonner le plus rapidement possible une forme physiologiquement efficace. Pour cela le Dr Strasser se base sur son étude extensive sur les pieds des chevaux de toutes races, d'où elle a tiré des mesures et repères très précis, qu'elle dit universels.

Est-ce qu’il suffit de déferrer ?

Non, hélas. Les chevaux sans fers doivent aussi être entretenus dans des conditions saines et naturelles pour avoir des pieds sains. Un cheval qui est toujours en box et qui ne fait pas plus de 3 km par jour, n’aura jamais des pieds en bonne santé. Par des conditions saines et naturelles on entend : une liberté de mouvement 24 heures par jour afin de pouvoir couvrir environ 15 Km par jour dont une partie sur un terrain dur, de l’air frais, de la lumière, la compagnie d’autres chevaux qui à leur tour contribueront à plus d’exercice, une alimentation adaptée, c'est-à-dire une mise à disposition permanente de fourrage, pas de conditions générant l’ennui, proscrire graisse et huiles à pied, ne pas tondre, ne pas mettre de couverture, ne pas utiliser de bandages, parer régulièrement les pieds pour imiter le plus possible une usure naturelle.

De telles conditions saines de vie sont à la portée de tous ceux qui veulent bien s’en donner la peine. Il est possible de caillouter une partie du pré ou du paddock, de mettre les mangeoires et abreuvoirs au niveau du sol, de varier l'environnement en plantant quelques bosquets, arbres...

D’autre part, le cheval devra passer par une période d’adaptation. La corne de son pied qui a été ferré s’est ramollie, son pied resserré et les structures internes de ce dernier doivent se dilater, les articulations et les tendons doivent s’adapter. Cette période peut durer de quelques semaines jusqu’à plus d’un an et être douloureuse au début. Comparez-le à des doigts gelés qui commencent à picoter à la chaleur, lorsque leur circulation se rétablit.

Le pied doit être paré de façon adaptée afin de permettre tous ces changements et améliorations. Des traitements fréquents sont parfois nécessaires, de une à deux fois par semaine. Le parage d’entretien à exécuter par la suite pour garder le pied en bonne santé est beaucoup plus simple et facile à exécuter soi-même. Il faudra peut-être un peu de temps avant que votre cheval ne puisse marcher confortablement sur terrain dur, jusqu’à ce qu’un nouveau sabot de corne dure et de forme plus naturelle ait complètement poussé. Vous pouvez alors augmenter petit à petit la longueur des parcours sur sol dur ou bien utiliser entre-temps des hipposandales pour aider votre cheval à passer cette période difficile. Les Boa boots, les Epics ou les Marquis entre autres sont faciles à mettre et à utiliser.

Le résultat, un cheval en bonne santé qui vivra longtemps, récompense largement tous les efforts.

?

 

Quand on pare il faut avoir un but, ce qui ne veut pas dire que l'on essaie d'imiter le modèle sauvage complètement à tout prix.

Il faut apprendre à lire le sabot. Un parage naturel n'est jamais envahissant.

Quand PR parle de réhabilitation en général, il regroupe le cheval fourbu, le cheval naviculaire, le cheval aux pieds plats, faibles ou contractés, les allures défectueuses et le cheval "sain" qui a juste "besoin" de ses fers.

Il ne faut pas attendre pour parer que le pied ait l'air d'en avoir besoin. On cause alors des dégâts. On doit parer avant que les dégâts soient faits.

Si le pied devient trop long (à cause du fer ou de négligence), il réagit immédiatement et essaie d'enlever l'excès de pousse. Il a plusieurs solutions pour atteindre ce but : la production de corne se ralentit considérablement, une corne plus fine et plus friable est produite. La sole qui doit être dure et lisse, devient crayeuse, se délite et peut même être enlevée avec un cure pied.

Si le pied est constamment gardé à une bonne longueur, c'est le contraire qui se passe. Une corne plus dure et plus épaisse pousse de la couronne. La production de corne s'accélère. C'est cette adaptation qui permet aux chevaux sauvages de garder de beaux pieds.
Pour commencer: placez le cheval sur une surface dure et plate et observez.
Notez tout déséquilibre, tout évasement de la paroi ("flaring"). Cet évasement révèle une longueur excessive et représente un sérieux affaiblissement.
Vu de côté, la paroi est-elle en ligne droite ou l'angle change-t-il ? Essayez de visualiser l'emplacement de P3.
Ne laissez pas l'angle du paturon et sa relation avec l'angle du pied influencer votre parage. Un cheval qui a mal aux talons va pencher en avant et inversement pour des douleurs en pince. Cela affecte directement la relation entre l'angle du pied et du paturon. Des problèmes musculaires ou osseux peuvent avoir le même effet. Si on aide le cheval à développer un pied "parfait" et qu'il n'a mal nulle part, on finit avec un alignement parfait du pied et du paturon.
PR n'utilise pas les angles du pied et la hauteur du talon pour parer mais la position de P3. C'est le pied lui-même qui cherche à retourner à sa forme optimale, celle du cheval sauvage. On l'aide en enlevant la corne excédentaire et en respectant cette adaptation.
Il est crucial d'apprendre à visualiser la position de P3 et donc la forme que le pied naturel devrait avoir. Les premiers centimètres de nouvelle corne sous la couronne vont vous montrer dans quelle direction le pied doit pousser. La sole va vous renseigner sur l'état de la suspension de P3 dans la boîte cornée.

 

 La callosité de la sole

La sole est le premier guide à suivre.
La bande de sole extérieure d'à peu près 2 cm ½ (1 inch) de large est une zone importante que l'on doit parer le moins possible. Elle va de barre en barre le long de la ligne blanche.
On enlève la corne morte à cet endroit. Normalement, après le premier parage, il n'est plus nécessaire d'y toucher car au contact du sol la sole va durcir et se compacter et commencer à devenir concave.
Cette callosité est très importante et on va tout faire pour qu'elle s'use naturellement de sorte qu'on n'ait pas besoin d'y toucher :
- Il ne faut jamais laisser la muraille pousser de trop. Cela protège la sole de l'abrasion nécessaire à la formation de la callosité. La sole va alors devenir crayeuse et se déliter, comme s'il y avait un fer.
- Il ne faut jamais laisser les barres pousser trop long. Cela donne une protection excessive à la sole, juste comme pour la muraille.
- Le cheval doit bouger un maximum.
La callosité de la sole est placée juste sous P3. Pour les chevaux dont la liaison P3/muraille est faible, cette callosité est cruciale pour leur confort. Au fur et à mesure que la connexion entre P3 et la boîte cornée (chair feuilletée) se reconstitue (pousse d'en haut), P3 est suspendu plus haut dans le pied et la zone plate de la callosité disparaît pour faire place à une sole concave.

Dégrossir le pied

 Avec une rénette, enlever la sole qui se délite et qui s'émiette. La sole poudreuse est de la vieille sole que le cheval essaie d'enlever lui-même. Arrêtez quand vous atteignez de la sole ferme et de qualité, d'aspect cireux ou plastique.
La paroi qui reste au dessus du niveau de la sole est à enlever. En fait quand la sole s'émiette, c'est que le cheval est en train d'essayer de raccourcir la paroi à cet endroit.
Avec une pince, la râpe ou le rénette, parez la muraille jusqu'au niveau de la sole ou juste 1,5 mm au dessus.

 

 La jonction fourchette/sole (lacunes latérales)

 Ces lacunes sont le meilleur indicateur de la position de P3.
Cela nous dit exactement combien le pied peu être creusé et de quelle longueur doivent être la pince et les talons.
Comprendre que la jonction fourchette/sole est la limite absolue du parage va aider à ne pas parer trop pour les conditions existantes à l'intérieur de la boîte cornée.
Il ne faut jamais parer plus profond que le fond de la lacune ; elle représente le point le plus bas de la concavité.
Parer pour la concavité est un élément clé pour le fonctionnement du mécanisme du pied et pour permettre au cheval de marcher sur touts terrains, même les cailloux.
Il faut se représenter la concavité du pied naturel comme un bol. Le bas de la jonction fourchette/sole est le point le plus bas du bol. Plus il est profond, plus il est large et le bord du "bol" atteint la paroi. S'il est peu profond il ne va pas aller loin de la fourchette et la sole qui reste entre cette partie parée et la paroi doit être laissée intacte pour qu'elle s'épaississe et accentue la concavité. Après le premier parage, on ne va pratiquement jamais enlever de sole à part sur une bande d'environ 2 cm autour de la fourchette.
La concavité de la sole doit être construite, pas creusée !

 Les talons et les barres

Ici aussi on cherche à atteindre le modèle naturel, avec des talons très bas mais épais et résistants.
Commencez par enlever la corne abîmée ou délitée dans le "V" entre la paroi et les barres ("seat of corn") jusqu'à atteindre la sole ferme et vivante.
Les talons et les barres restant au dessus de la sole peuvent être parés car cette corne "morte" que l'on a enlevée montrait que le pied essayait de raccourcir cette zone de toute façon.
Le cheval ne va pas essayer de raccourcir ses talons si les muscles et tendons ne sont pas prêts.
Equilibrez les talons en estimant la distance de la couronne au sol de chaque côté. Si les talons sont très déséquilibrés, évitez tout de même d'enlever de la sole vivante. Allez aussi loin que possible à chaque fois, sans être envahissant.
Les barres sont censées supporter du poids, mais "passivement". Cela signifie qu'elles ne doivent jamais être aussi longues que la paroi mais ne doivent pas être supprimées non plus.
Parez les barres de sorte qu'elles descendent le long de la fourchette en ligne droite. Elles doivent commencer au niveau du talon puis suivre le niveau ou être juste au dessus de la sole vivante.
Une barre qui pousse en recouvrant la sole ("laid over") n'est pas différente d'un évasement de la paroi ("flare"). Parez comme décrit ci-dessus.
Ne laissez pas les bleimes vous impressionner. Une sole trop épaisse est la cause la plus courante des bleimes. On en trouve le plus souvent lors du premier parage d'un cheval fraîchement déferré, et quasi jamais plus après. C'est une erreur de ne pas parer cette zone car cela laisse un point plus haut qui reçoit plus de pression et accentue le phénomène.

 

La pince

La pince des chevaux domestiques est souvent beaucoup trop allongée vers l'avant. Cela porte le point de bascule du pied ("breakover") beaucoup trop en avant et tire continuellement sur la corne de la paroi. Cela contribue aussi à tirer les talons vers l'avant ("under run heels").
Le pied a alors l'apparence de "babouche" si l'on descend les talons. Les gens ont alors tendance à râper la callosité de la pince pour la raccourcir et élever les talons pour que le pied paraisse plus droit. Ils râpent une zone qui est déjà trop courte et laissent pousser une zone déjà trop longue. Au final le cheval se retrouve au mieux sans la protection de son sabot, et au pire dans un cycle de fourbure.
On ne réalise pas que la pince est en fait bien trop courte verticalement (par rapport à la position de P3). Il ne faut surtout pas enlever de sole en pince mais baisser les talons et laisser le cheval fabriquer sa pince avec le bon angle.
Si la pince est laissée telle quelle la pression mise dessus va causer ou aggraver les évasements de la corne. Si l'on voit de ces évasements ou si la ligne blanche est élargie, il faut raccourcir la pince verticalement. Cela a 2 buts : reculer le point de bascule donc autoriser un mouvement normal, et éliminer les forces qui tirent la paroi loin de P3 donc le nouveau sabot peut pousser en étant fermement attaché à P3.
De combien on raccourcit la pince dépend des dégâts existants.
- Si la pince descend en ligne droite de la couronne (vue de profil) et n'est pas tirée en avant, on ne raccourcit rien.
- Si la ligne blanche est élargie en pince et si l'on voit un changement de l'angle de pousse de la paroi (toujours vu de profil) sous la couronne, on raccourcit la pince jusqu'à la ligne blanche. On ne doit pas avoir peur de le faire car dans ce cas là la muraille n'offre aucun support pour le cheval. Supprimer le contact au sol va au contraire diminuer la douleur causée par l'étirement de la ligne blanche  et permettre à la paroi de pousser correctement.
- S'il y a juste une légère déviation de l'angle de pousse et si la ligne blanche est intacte, on peut garder un peu de paroi au contact du sol. On peut faire ça en râpant la paroi de dessus (pied en avant sur un trépied).

 Les quartiers

 Les quartiers devraient être autorisés de se creuser (scooped), de façon à ce qu'ils ne touchent quasiment pas le sol.
Si le cheval est déjà pieds nus, ce creux est probablement déjà existant dans la sole. Il suffit de suivre le niveau de la sole.
Même si le cheval était ferré, quand on enlève toute la corne morte de la sole, on trouve généralement cette forme déjà présente.
Il ne faut jamais couper dans la sole vivante pour arquer les quartiers.
Les quartiers très fins que l'on trouve généralement sur les chevaux ferrés sont simplement causés par l'adaptation. Le cheval essaie d'éliminer cette longueur en produisant à cet endroit une corne plus fine donc plus facilement usée.

 
La sole

Toute zone brillante et lisse de sole vivante ne doit pas être touchée.
Généralement après le premier parage la bande extérieure de sole doit être laissée et autorisée à devenir calleuse.
Dans les régions sèches, la sole morte en excès sera dure comme de la pierre brillante et polie si le cheval est pieds nus. Elle ne se distingue de la bonne sole vivante et calleuse que par de profondes fissures. Dans les régions humides, la sole morte est généralement poudreuse, crayeuse et se délite.

 

La fourchette

 C'est l'expansion et la contraction de la boîte cornée toute entière qui jouent le rôle de pompe sanguine, pas la fourchette. La fourchette est une zone flexible qui autorise le sabot à se dilater. Elle joue aussi un petit rôle dans l'absorption des chocs et comme surface de traction pour aider lors des descentes en terrain rocailleux.
Les glomes et la fourchette sont une seule unité qui doit être solide et comme du cuir.
La fourchette est fait de corne plus molle que la paroi donc pousse plus vite pour compenser l'usure. Si les talons sont trop hauts ou qu'un fer était présent, la fourchette est beaucoup trop volumineuse.
Coupez la fourchette de façon à ce qu'elle soit plate (au même niveau que le sol) en ligne droite des talons (déjà parés) au point le plus bas de la concavité (pointe de la fourchette).
Coupez les pans débordant sur les côtés à 45° de façon à ce qu'ils ne puissent pas héberger de bactéri

PR râpe le tiers inférieur du sabot pour plusieurs raisons : La principale est de venir à bout des évasements de la paroi, que ce soit en pince ou en quartier.C'est aussi un bon outil pour équilibrer un pied tordu. Râper, donc affiner la muraille qui a tendance à pousser trop longue va causer une usure plus rapide de ce côté, et donc le pied restera équilibré.

Pour râper, posez le pied sur un trépied ou votre genou et regardez directement au dessus du sabot de façon à voir le long de la paroi. Une bosse ou évasement de la paroi indique une zone à râper.

Mustang roll

 On finit le sabot entier avec un mustang roll. Cela imite l'usure naturelle et permet à la callosité de commencer à se former.
Le rayon du mustang roll est d'environ 1 cm. Ici on n'affine pas la paroi mais on l'arrondit.

 

Inspection des travaux finis

 Les sabots devraient être uniformes en longueur et bien équilibrés.
Vu de devant la couronne doit être parallèle au sol et l'angle de pousse (grain) devrait être perpendiculaire au sol en pince.
Vu de profil, l'angle des postérieurs devrait être plus raide que celui des antérieurs.
PR ne se base pas tellement sur les différents angles car il respecte l'angle que le cheval essaie de produire de la couronne.
Il ne se base pas non plus sur l'angle de la couronne vue de profil. Un cheval ayant fini sa transition aura une couronne droite (ou légèrement bombée) avec le bon angle.

 

 
                       Parage de réhabilitation (fourbure, naviculaire, encastelure,…)
                            Entretien naturel du cheval

                                    Transition

 

Nourriture

 Le régime du cheval doit être aussi naturel que possible, avec du bon foin de prairie.
La plupart des chevaux sont trop nourris, ou vivent dans des pâtures trop riches.

Exercice

 Les chevaux sont nés pour bouger. Presque toutes les réhabilitations demandent la pousse d'un nouveau sabot.
Grâce à une circulation sanguine augmentée dans la boîte cornée, chaque fois que le sabot touche le sol, il pousse un peu pour compenser l'usure. La pousse du sabot est donc mieux mesurée en km qu'en temps.
PR n'est pas pour forcer les chevaux boiteux à marcher ; il préfère utiliser des astuces pour les y encourager.
Dès que le cheval peut être monté, faites-le. Augmentez petit à petit la distance et la dureté du terrain, selon les capacités du cheval. Des hippo-sandales peuvent faciliter les choses

L'état de départ
Le facteur qui affecte le plus la durée de la transition est l'état de départ des pieds.
S'ils sont sains, il y a des chances pour que le cheval puisse être monté immédiatement en terrain facile, et quelques jours plus tard en terrain plus dur, le temps que la sole devienne calleuse.

 

Attentes
 Les chevaux marchant pieds nus en terrain difficile ont besoin d'y être préparés. Soit en montant plus longtemps avec des hippo-sandales, soit en marchant peu à peu de plus en plus sur le terrain plus difficile. Laissez votre bon sens vous guider.
Mis à part sur les terrains les plus difficiles, le cheval sera apte à être monté bien avant que sa transition soit finie. Patience

La vie sans fers 
Un cheval pieds nus sera en général plus agile, plus souple, plus endurant et plus rapide qu'un cheval ferré.
La meilleure absorption des chocs rend les articulations, muscles et tendons plus sains.
La seule plainte entendue par PR est l'entretien permanent que ce mode de vie demande.

Hippo-sandales
Ce sont de bons outils pour la transition.
Le plus gros avantage est qu'elles permettent de monter le cheval plus tôt lors de la transition. Dès que le cheval est à l'aise pieds nus en terrain mou, il peut être monté n'importe où avec des hippo-sandales.

Elles peuvent être aussi nécessaires si le terrain sur lequel le cheval est monté est radicalement différent de celui sur lequel le cheval vit habituellement. 

Les méfaits du ferrage

Quelles sont les conséquences négatives du ferrage ?

1.        Un resserrement et une déformation progressive du pied. Cela provoque de la douleur, une modification des allures, des problèmes musculaires, articulaires, des ossifications. La troisième phalange et les cartilages ungulaires latéraux se déforment. Le chorion (qui forme la corne) est endommagé, ce qui favorise la rotation de la troisième phalange et la fourbure, ainsi que la pourriture de la fourchette, la podotrochléite due aux contusions des structures internes du pied et la détérioration de la ligne blanche.

2.       La paroi est abîmée par les clous. Elle se dessèche et perd de son élasticité. L’isolation du sabot n’est plus étanche. Le métabolisme interne du pied diminue à cause d’une baisse de la température, surtout lorsqu’il fait froid, ce qui porte atteinte à la production de la corne et au soutien de la troisième phalange.

3.       La circulation sanguine se fait moins bien dans le pied avec toutes les conséquences négatives susnommées, outre un surmenage du cœur puisque les pieds ne peuvent plus assurer leur fonction de pompe, on voit apparaître les ‘poteaux’ qui vont avec.

4.       Des troubles du métabolisme par déséquilibre des protéines et par voie de conséquence des troubles cutanés, hépatiques et rénaux.

5.       Les vibrations causées par les fers abîment le podophylle, et provoquent des lésions comparables au syndrome de Raynaud chez les personnes qui travaillent avec des marteaux piqueurs.

6.       Le fer change la façon dont le poids est porté et modifie la bascule du pied, entraînant ainsi des problèmes musculaires et tendineux.

7.       Il provoque des surcharges anormales dans le sabot, entraînant des fissures, des seimes, et un décollement de la paroi.

8.       Les chocs sont moins bien amortis.

9.       La sensibilité du pied est diminuée, le cheval trébuchera plus facilement, ce qui augmente les risques pour monture et cavalier.

10.    Le poids du fer accroît la force centrifuge pendant le mouvement, ce qui surcharge les ligaments. Il représente également un risque de blessure plus élevé pour les personnes et les animaux.

11.     La traction est modifiée ; le cheval ne peut plus se déplacer en toute sécurité. La résistance dans un mouvement tournant est plus grande donc plus lourde pour les articulations et les tendons.

12.    Chez les jeunes chevaux le fer gêne la croissance de la troisième phalange.

13.    Il provoque une modification de la conformation car le cheval essaie de soulager les zones douloureuses du pied. Le sabot pousse de travers, les aplombs changent.

14.    Il abîme le sol.

15.    Il entraîne des frais d’entretien plus élevés, de nombreuses maladies et frais vétérinaires. Le cheval doit être remplacé plus rapidement.

16.    Il rend impossible le dépistage précoce du dépassement des limites biologiques d’un cheval.

17.    La perte accidentelle d'un fer rend le cheval inutilisable jusqu'à son remplacement (du fer). C'est alors la course au maréchal-ferrant….

 

 Il a tout de même quelques ‘avantages’ :

1.        La possibilité d’utiliser le cheval sur n’importe quel terrain, à n’importe quel moment, sans avoir à accorder beaucoup d’attention à ses conditions de vie ou à ses pieds, aux dépens de la santé et de la longévité du cheval.

2.       La possibilité de dépasser temporairement les limites biologiques du cheval, également aux dépens de sa santé et de sa longévité.

3.       La possibilité d’utiliser plus longtemps un cheval boiteux, alors que les dégâts ne font que croître.

« Mais mon cheval ne peut pas marcher sans fers ! »

Ce n’est pas une raison pour ferrer un cheval, bien au contraire. C’est la preuve que ses sabots sont en tellement mauvais état et que ses conditions de vie sont si artificielles qu’il ne peut plus se passer de l’intervention humaine.

Qu’un cheval non ferré, vivant dans des conditions qui satisfont à ses besoins, est capable de performances importantes a été prouvé au long des siècles par tous ces chevaux au service des hommes.

Aujourd'hui des chevaux non ferrés, de loisirs, utilisés professionnellement ou concourrant dans toutes les disciplines, y compris l'endurance de haut niveau, prouvent tous les jours que c'est possible. Ces chevaux sont bien dans leurs pieds et dans leur tête, en pleine santé.

 

 

Chevaux sauvages et chevaux domestiques

 

 Dans la nature, les chevaux sauvages se sont adaptés aux terrains divers et aux climats dans lesquels ils vivent. Ils sont libres d'errer 24 heures sur 24, sept jours par semaine, 365 jours par an. Beaucoup soutiennent que des chevaux sauvages, comme ceux à l'Ouest américain, sont génétiquement différents de leurs cousins domestiques ; ce qui n'est pas le cas.

Le "Mustang sauvage" est de la Famille des Equidae et de l'Espèce : Equus caballus. Donc ce sont tous les chevaux domestiques. Bien qu'il soit certain que quelques variations génétiques existent parmi les membres de la même espèce (la taille, la forme, la couleur, les allures), tous les chevaux actuels sont physiologiquement les mêmes et ont les mêmes besoins de base.
Alors comment se fait-il que les Mustangs sauvages vivant sur la terre inhospitalière aient développé les pieds si durs qui n'exigent aucune intervention humaine pour rester sains?

Si c'était le résultat d'une sélection naturelle qui sélectionnait uniquement ceux qui ont les pieds les meilleurs, comment se fait-il que des Mustangs captifs soient exposés rapidement aux mêmes maux et faiblesses de pied ainsi que les autres problèmes de santé des chevaux domestiques ?
Voici un tableau permettant de comparer les chevaux sauvages et les chevaux domestiques :

 

 

 

Equus Sauvage

Equus Domestique

 

 

  • Erre librement, parcourt 15-20 Km par jour
  • Est dans un box ou un enclos limitant ses mouvements

 

 

  • A une vie sociale dans un troupeau
  • Est souvent solitaire

 

 

  • A une diversité alimentaire énorme le permettant de manger ce qu'il a besoin quand il en a besoin et dans des quantités nécessaires
  • Est alimenté avec des rations fortement concentrées aux intervalles peu fréquents chaque jour, peut rester des heures avec rien dans l'estomac

 

 

  • Recherche certains minéraux supplémentaires quand son corps en a besoin
  • Est forcé de manger des rations fortifiées et est supplémenté avec des quantités diverses dont le corps peut ne pas avoir besoin

 

 

 

 

 

 

  • Mange et boit avec une position de tête baissée
  • Mange dans des mangeoires avec la tête dans une position anormalement haute et boit dans des seaux

 

 

  • Expose ses pieds à l'eau chaque jour quand il boit dans les rivières, les mares ou les lacs
  • A la place d'une petite douche quotidienne sur ses pieds pour les hydrater, on lui applique des préparations d'huile/graisse

 

 

  • Éprouve des changements de température graduels car il est continuellement dehors
  • Éprouve des changements soudains de température quand il se déplace du box au manège et quand ses couvertures sont enlevées

 

 

  • Ne porte aucune couverture ou autre protection
  • A des zones d'usures

 

 

  • A des sabots nus en contact direct avec la terre
  • A des sabots ferrés avec peu ou pas de contact avec le sol direct

 

 

  • Dort directement sur le sol
  • Dort sur literie douce (matelas de paille)

 

 

  • Marche souvent sur terrain accidenté
  • Se déplace sur un terrain " artificiel " souvent très doux

 

 

  • A une durée de la vie moyenne de 30 - 40 ans
  • Durée de la vie moyenne 15-20 ans?????

 

 

Il en a été ainsi depuis des millénaires

Il en est ainsi depuis moins de 1000 ans

 

 

 

 

 

 En réfléchissant sur l'histoire des robustes Mustangs, nous nous rendons compte qu'ils sont un mélange génétique de différents chevaux. Ils ont tout d'abord été apportés par des conquistadors espagnols quand ils sont venus en Amérique au début des années 1500. Beaucoup de chevaux espagnols se sont échappés ou ont été relâchés et sont redevenus sauvages. Ils ont formé le noyau des grands troupeaux des chevaux qui occupaient tout le pays du nord du Mexique aux plaines occidentales des Etats-Unis.
Plus tard, ces populations de chevaux libres ont été croisées avec d'autre sangs de chevaux domestiques échappés des fermiers et des propriétaires de ranch. Au début du 20ème siècle, beaucoup de chevaux ont été libérés pendant la Grande Dépression quand leurs propriétaires ne pourraient plus se permettre de s'en occuper. Pendant 500 ans, les lignées se sont mélangées et croisées jusqu'à aboutir au Mustang américain moderne. Sur un niveau génétique il y a peu de différences entre eux et des chevaux domestiques - il n'y a pas simplement eu assez de temps, dans un sens évolutionnaire, pour les mutations génétiques provoquent des modifications significatives.

 

Le mécanisme du sabot

par Antje Lücke

La corne est un matériel léger et souple qui a la qualité de pouvoir se dilater. Quand le cheval pose son pied par terre, la corne se dilate au niveau de la paroi – on parle bien de toute la paroi et non, comme on le croit si souvent, juste au niveau des talons (même si c'est l'endroit où le sabot s'écarte le plus). Cette dilatation n'a pas seulement lieu horizontalement, mais aussi verticalement:

Quand le cheval marche sur un objet dur, par exemple sur un caillou, la corne cède à l'endroit même où le sabot touche le caillou. Supposons que c'est près de la muraille. La corne de la muraille, matériel souple, " égalise" le niveau entre sol et caillou de sorte que la jambe ne se torde pas et par conséquent, ceci protége tendons et ligaments .

La fourchette joue un rôle très important pour le sabot, le pied, la jambe et le corps entier. Au-dessus de la fourchette se trouve une sorte d'éponge, appelé le coussinet plantaire. Celui-ci fonctionne comme une vraie petite pompe puissante, un petit coeur, car c'est lui qui pompe le sang dans les membres, qui assure que tous les éléments des membres (et par la suite, tout le corps) soient alimentés de sang. Du fait que le cheval dans la nature a les „talons plats“, une grande partie de la fourchette, plus précisément le premier tiers, à savoir la partie la plus large juste derrière les glomes, touche le sol et à chaque pas que fait le cheval, le coussinet plantaire est activé et assure la circulation du sang.

 

Le mouvement du sabot nu

 

En plus, la fourchette joue le rôle d'un amortisseur très efficace: à chaque pas que fait le cheval, elle vient en contact avec le sol et absorbe ainsi tout choc auquel est exposé le cheval qui est un animal bien lourd. Les parties du sabot touchant le sol en premier sont les régions plutôt molles, à savoir les glomes et la fourchette agissant en tant qu'amortisseur, et ensuite les talons, les quartiers et la pince – presque comme un pied humain.

L'os du pied (aussi appelé troisième phalange) est suspendu dans la boîte cornée par la corne lamellée. On peut s'imaginer elle-ci comme une sorte de fermeture velcro très solide: l'intérieur de la paroi et l'extérieur de l'os du pied sont munis de lamelles qui s'intercalent mutuellement pour former un tissus extrèmement ferme: en fait, pour retirer la paroi d'un sabot mort de l'os du pied, il faut deux personnes. Quand on regarde en-dessous du pied, la corne lamellée est visible en ce que l'on appelle la ligne blanche. La corne lamellée est entourée directement de la chair feuilletée remplie de sang. Lorsque le sabot est soulevé, la boîte cornée est étroite et presse la chair feuilletée, de sorte que du sang est pompé vers le haut, sang qui soutient l'activité fonctionnelle du coeur. Lorsque du poids est exercé sur le sabot (pied par terre), la boîte cornée se dilate, l'os du pied s'abaisse et la sole cède vers le bas (voir graphique plus haut). De cette manière, la chair feuilletée a plus de place (dans cet état elle est d'une épaisseur d'environ 5 mm ; dans le sabot soulevé elle est d'une épaisseur d'environ 2- 3 mm ) et peut se remplir à nouveau de sang telle qu'un éponge. Cette pompe est indispensable pour l'alimentation du sabot et de l'entière circulation en substances nutritives

 

 

Témoignages

Etre "pieds nus" assure un comportement naturel et bien plus agréable pour le cheval. Cette pratique est enfin reconnue et va se développer. Nous la pratiquons depuis 1977 avec succès et nos 70 chevaux sont en pleine forme, en avant, et surtout exemptés des fourbures et des problèmes liés au ferrage. De plus il est bon de savoir que chaque pied nu assure le retour veineux</sp